En plein hiver, j’ai tourné un pitch vidéo avec une veste rose.
Un détail en apparence. Mais ce jour-là, l’état d’esprit était plus combatif que léger : je ressentais l’urgence à faire évoluer collectivement notre rapport à l’anglais à l’école.
La veille, j’avais relu les derniers résultats de l’EF English Proficiency Index, l’indice de référence internationale sur le niveau d’anglais des adultes et jeunes adultes.
En France, les constats sont bien connus :
- la France se situe dans la catégorie niveau moyen, autour de la 38ᵉ place mondiale,
- elle reste en dessous de la moyenne européenne,
- et nettement derrière les pays d’Europe du Nord et d’Europe centrale.
Au regard de ces chiffres, mon propos n’est pas de pointer des manques individuels ou institutionnels, mais plutôt d’inviter à une réflexion collective : comment faire de l’anglais oral une compétence maîtrisée par les élèves, au service de leur ouverture internationale et de leur avenir ?
L’anglais oral, encore insuffisamment reconnu comme compétence stratégique
Les enquêtes internationales, notamment PISA, mettent en lumière un paradoxe persistant. D’un côté, l’anglais est devenu :
- un levier d’orientation dès le lycée,
- une clé d’accès à la mobilité internationale (séjour Erasmus+, cursus à l’étranger etc.)
- un facteur déterminant d’employabilité, dans un grand nombre de filières.
De l’autre, il reste encore trop souvent abordé comme une discipline académique parmi d’autres, sans être pleinement travaillé comme une compétence vivante et stratégique.
Sur le terrain, ce décalage est largement partagé par les équipes éducatives :
- des élèves qui comprennent mais n’osent pas parler,
- une difficulté à s’exprimer à l’oral en situation réelle,
- une confiance fragile face aux enjeux d’orientation et de projection post-bac.
Renforcer l’anglais oral à l’école : un enjeu national
Ces constats ne concernent pas une région en particulier.
Ils traversent l’ensemble du territoire, tous types d’établissements confondus : écoles primaires, collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels.
Partout, la même question se pose :
👉 comment renforcer l’anglais oral sans alourdir les emplois du temps,
👉 tout en respectant les contraintes institutionnelles et pédagogiques ?
L’expérience de terrain montre que la réponse ne se trouve pas uniquement dans le volume horaire, mais dans :
- la qualité de l’exposition à la langue,
- la place donnée à l’oral,
- l’engagement des élèves dans des projets concrets et signifiants.
Anglais oral et soft skills : des compétences indissociables
Travailler l’anglais oral, c’est aussi développer des compétences transversales essentielles, et c’est le cœur du projet éducatif de The Break :
- communication et prise de parole,
- confiance en soi,
- pensée critique,
- capacité à coopérer et à s’adapter.
Ces soft skills, aujourd’hui largement reconnues comme déterminantes pour la réussite scolaire et professionnelle, trouvent dans l’apprentissage de la langue un terrain d’expression particulièrement puissant.
Lorsqu’un élève ose parler anglais, il ne progresse pas seulement sur le plan linguistique :
il apprend à oser, à structurer sa pensée, à se positionner face aux autres.

Ouverture internationale : des signaux encourageants à l’échelle nationale
L’actualité éducative montre également que les lignes commencent à évoluer.
Parmi les signaux positifs observés ces dernières années :
- le développement de l’Emile, dispositif de langues vivantes renforcées dès le primaire,
- une attention croissante portée aux parcours internationaux et aux compétences linguistiques que j’observe dans les établissements secondaires,
- l’annonce du retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+ à l’horizon 2027
- L’évolution visible en termes d’ouverture et de compétences psycho-sociales que procure l’apprentissage de la langue chez les élèves que nous accompagnons tout au long de l’année.
Ces évolutions traduisent une prise de conscience progressive :
l’ouverture internationale se construit sur le temps long, dès l’école, et repose en grande partie sur la maîtrise de l’anglais oral.
Faire de l’anglais un levier d’ouverture et d’inclusion
Renforcer l’anglais oral à l’école ne doit pas être vécu comme une injonction supplémentaire.
C’est au contraire une opportunité de coopération entre :
- établissements scolaires publics et privés,
- inspecteurs de l’Éducation nationale,
- académies et régions académiques,
- cités éducatives,
- associations engagées pour l’égalité des chances et l’employabilité des jeunes.
L’enjeu est profondément éducatif :
permettre à chaque élève, quel que soit son parcours, de se sentir légitime à prendre la parole et de s’ouvrir au monde.
Agir ensemble pour une ouverture internationale durable
Oui, la tâche est ambitieuse.
Mais chaque projet mené, chaque élève qui ose s’exprimer en anglais, chaque établissement qui innove montre qu’il est possible de faire évoluer les pratiques, collectivement.

Faire de l’anglais oral un véritable levier d’ouverture internationale ne repose pas sur une solution unique, mais sur des partenariats durables, une pédagogie vivante et une vision partagée.
C’est en travaillant ensemble — établissements, institutions, associations — que l’anglais peut devenir un outil d’émancipation, de confiance et d’inclusion, au service de tous les élèves.

