Enseignement de l’anglais : et si l’oral était enfin au cœur des apprentissages ?

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Il y a quelques jours, nous avons eu la chance d’assister à un Cambridge day, journée de formation organisée par Cambridge University Press and Assessment.

Une phrase, en particulier, nous est restée.

Nous n’utilisons pas seulement le langage pour communiquer, mais pour penser ensemble.

Ce que le chercheur Neil Mercer appelle “interthinking”.

Dans un contexte éducatif où l’on parle beaucoup de compétences de savoir-être, d’engagement et d’inclusion, cette idée nous a semblé essentielle.

Elle remet l’oral — et plus largement les compétences langagières — à leur juste place : non pas comme un “plus”, mais comme un levier fondamental d’apprentissage.

 

L’oralité : angle mort… ou levier stratégique ?

Pendant longtemps, l’école s’est structurée autour de deux piliers : lire et écrire.

Mais parler ? Écouter ? Argumenter ? Reformuler ?

Ces compétences sont aujourd’hui attendues… mais elles sont rarement enseignées explicitement.

C’est précisément ce que recouvre la notion d’oralité : l’enseignement intentionnel et structuré de la prise de parole et de l’écoute active.

Ce qui nous a frappés lors de cette formation, c’est à quel point ce sujet est aujourd’hui structuré, outillé, avec un appui solide des travaux de recherche (Lev Vygotsky, Neil Mercer, Lyn Dawes…) : la qualité des interactions orales influence directement les capacités cognitives, l’engagement et la réussite scolaire des élèves.

Autrement dit : apprendre à parler, c’est apprendre à penser.

 

Parler, écouter, penser : les 4 dimensions de l’oralité

L’un des apports les plus éclairants du cadre Cambridge est de considérer l’enseignement des compétences orales comme une compétence multidimensionnelle.

On y distingue ces 4 volets complémentaires :

  • Physique : la voix, la posture, le regard — tout ce qui rend la communication incarnée
  • Linguistique : le vocabulaire, la structure, la clarté du discours
  • Cognitive : la capacité à raisonner, argumenter, clarifier, construire une pensée
  • Sociale et émotionnelle : écouter, coopérer, prendre en compte les autres, oser parler

Ce cadre nous semble particulièrement puissant, car il rend visible ce qui est souvent implicite.

Et donc… enseignable.

 

De la prise de parole à l’écoute active : un changement de posture

Un autre point clé que nous retenons : l’écoute est une compétence active.

Regarder, acquiescer, reformuler, ne pas interrompre… Ces gestes ne sont pas “naturels” pour tous les élèves. Ils s’apprennent.

Dans les exemples observés, des dispositifs simples permettent de rendre l’apprentissage de l’écoute active concrète : élèves qui tiennent le rôle d’ “observateurs de l’écoute” ; Cue cards pour aider à la reformulation « ; Reflexion circles en fin de tâche d’expression orale etc.

Ce type de pratiques change profondément la dynamique de classe.

Nous le constatons aussi dans nos propres ateliers : lorsque les élèves apprennent à écouter, la qualité des échanges — et de la pensée — change immédiatement.

 

L’oralité, moteur d’inclusion

Un autre point fort de la formation concerne la neuro-inclusion.

Dans des classes hétérogènes, l’oralité peut devenir un formidable levier d’engagement — à condition d’être structurée.

Contrairement à certaines tâches écrites, les activités orales permettent :

  • d’entrer dans la tâche sans barrière immédiate, en réduisant la charge cognitive
  • de s’appuyer sur les pairs comme support cognitif
  • de participer à différents niveaux

Des outils ludiques comme les talk tokens permettent par exemple de réguler la prise de parole et d’impliquer chaque élève.

Ce type de structure transforme la participation : chacun a une place et personne ne s’efface.

C’est en cela que l’oralité devient un outil concret d’équité.

 

Des pratiques simples… mais transformatrices

Ce que nous retenons surtout, c’est que ces principes sont immédiatement activables.

Par exemple :

  • Les Talking Points : des affirmations ouvertes qui invitent les élèves à débattre, nuancer, argumenter.
  • La modélisation : montrer explicitement ce qu’est une prise de parole efficace (et ce qui ne l’est pas).
  • Les règles de discussion co-construites : pour faire émerger avec les élèves les conditions d’un échange de qualité.

Dans nos propres programmes, nous observons que ce type de cadre sécurise les élèves et libère progressivement leur prise de parole.

On ne leur demande plus simplement de parler, on leur apprend plutôt comment penser à voix haute, avec les autres.

 

Une compétence clé pour aujourd’hui… et demain

Ce que cette journée est venue confirmer, c’est que les compétences développées par l’oralité dépassent largement le cadre scolaire.

Savoir :

  • structurer sa pensée
  • argumenter
  • écouter activement
  • collaborer

Ce sont précisément les compétences de savoir-être attendues tant dans les environnements académiques que dans les milieux professionnels.

Les travaux de Carol Dweck sur le growth mindset le montrent également : valoriser l’effort, le raisonnement et la progression — plutôt que la “bonne réponse” ou l’échec — transforme durablement l’engagement des élèves.

L’oralité joue ici un rôle central.

 

Redonner à l’oral sa juste place

À l’issue de cette formation, une conviction s’impose à nous.

Nous savons aujourd’hui :

  • pourquoi l’oralité est essentielle
  • comment la structurer
  • et avec quels outils la développer

La question n’est donc plus “faut-il enseigner l’oral ?”

Mais bien : comment lui donner enfin une place centrale dans les apprentissages ?

 

Notre conviction à The Break

A The Break, cette conviction guide notre approche depuis le départ.

Nous concevons des programmes d’anglais oral qui placent la prise de parole et l’argumentation, l’imagination, l’écoute active et la collaboration au cœur des apprentissages — non seulement comme objectifs linguistiques, mais comme leviers de développement personnel et collectif.

Cette journée passée aux côtés des équipes de Cambridge vient renforcer ce que nous observons chaque semaine sur le terrain : lorsque l’oralité est structurée, encouragée et valorisée, elle transforme la manière dont les élèves apprennent et participent.

C’est aussi pour cela qu’avec nos équipes d’intervenants anglophones, pour qui l’oralité est au cœur de leur approche et bien souvent de leur culture, nous accompagnons aujourd’hui des établissements et des enseignants dans l’intégration de ces pratiques, au service d’une pédagogie plus active, plus inclusive et plus engageante.