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	<title>Archives des Ecrits stagiaires - The Break à Paris</title>
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	<description>Apprentissage créatif de l&#039;anglais et du savoir-être à Paris</description>
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		<title>Textes produits en atelier d&#8217;écriture créative &#8211; vacances de la Toussaint 2025</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-atelier-decriture-creative-vacances-de-la-toussaint-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 21:32:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Tess, 12 ans Mon besoin de monstre J&#8217;ai besoin d&#8217;un monstre. Un monstre qui me défendra. Un monstre qui me ferait ne pas détester ce jour-là. J&#8217;ai besoin d&#8217;un monstre. Un monstre qui m&#8217;aidera à le dire. Un monstre qui m&#8217;aidera à ne plus subir. J&#8217;ai besoin d&#8217;un monstre. *** Si j&#8217;étais un monstre [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
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<p><em>? Tess, 12 ans</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Mon besoin de monstre</b></h2>
</div>
</div>
<p class="font-claude-response-body" style="line-height: 200%;">J&rsquo;ai besoin d&rsquo;un monstre.<br />
Un monstre qui me défendra.<br />
Un monstre qui me ferait ne pas détester ce jour-là.<br />
J&rsquo;ai besoin d&rsquo;un monstre.<br />
Un monstre qui m&rsquo;aidera à le dire.<br />
Un monstre qui m&rsquo;aidera à ne plus subir.<br />
J&rsquo;ai besoin d&rsquo;un monstre.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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<h2 style="text-align: center;"><b>Si j&rsquo;étais un monstre<br />
</b></h2>
</div>
</div>
<p class="font-claude-response-body" style="line-height: 200%;">Si j&rsquo;étais un monstre, toujours je défendrais les personnes qui en auraient besoin.<br />
Si j&rsquo;étais un monstre, peut-être que les enfants feraient « oin-oin ».<br />
Si j&rsquo;étais un monstre, j&rsquo;aurais les rêves accrochés aux mains.<br />
Si j&rsquo;étais un monstre, ils se réaliseraient le lendemain.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Raphaël, 13 ans</em></p>
<p>Derrière le masque d’un homme fort et puissant</p>
<p>Il y a un passé honteux,</p>
<p>Une enfance traumatique,</p>
<p>Un esprit chaotique,</p>
<p>Une personnalité fragile,</p>
<p>Une vie amoureuse pas facile,</p>
<p>Un compte bancaire vide,</p>
<p>Des critères rigides.</p>
<p>Derrière le masque d’un homme fort et puissant,</p>
<p>Se tient au fond de lui une vie détruite.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-11281" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-400x400.jpeg" alt="" width="400" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-400x400.jpeg 400w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-800x800.jpeg 800w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-280x280.jpeg 280w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-768x768.jpeg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-1536x1536.jpeg 1536w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-600x600.jpeg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a-100x100.jpeg 100w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/12/B849DE08-2E55-443D-A4EF-7464383ED9AA_1_201_a.jpeg 1707w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Textes produits en atelier d&#8217;écriture créative &#8211; vacances d&#8217;été 2025</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-atelier-decriture-creative-vacances-dete-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 15:50:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Margot, 15 ans La porte Je me tiens devant une porte. Je suis dans le noir, et la porte est immense, plus longue que large. Elle est si haute qu’elle se perd dans l’obscurité. Par contre elle est très fine. Je pense que je ne pourrais pas y entrer de face. Il y a un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
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<p><em>? Margot, 15 ans</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b>La porte<br />
</b></h2>
</div>
</div>
<p class="p1">Je me tiens devant une porte. Je suis dans le noir, et la porte est immense,<span class="Apple-converted-space"> </span>plus longue que large. Elle est si haute qu’elle se perd dans l’obscurité. Par contre elle est très fine. Je pense que je ne pourrais pas y entrer de face. Il y a un heurtoir en forme de serpent. Elle est recouverte de dessins de serpents gravés dans le bois. Ils sont tous différents et dans différents états. Certains ont la bouche ouverte, prêts à attaquer leur proie, d’autres dorment ou sifflent. Et puis ils prennent vie. Ils bougent, se démènent pour sortir de la porte mais n’y arrivent pas. Leur sifflement me remplit les oreilles. De la porte s’échappe une odeur. Elle ouvre donc sur quelque chose. Pourtant j’en ai fait le tour et l’espace est vide. L’odeur me rappelle la nature, l’herbe fraîchement coupée, la forêt après la pluie. Et il y a un bruit, que je distinct malgré les sifflements des serpents. D’abord je pense au tonnerre, puis je réalise que c’est une cascade.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p1">Je sens quelqu’un me pousser dans le dos vers les portes qui s’ouvrent lentement. Je suis poussée à l’intérieur et je me tourne pour voir qui est derriere moi, mais la porte s’est déjà refermée. D’ailleurs, il n’y a plus de porte.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p1">Je suis dans une vallée chatoyante, avec des monts verts parsemés de taches de toutes les couleurs, comme les peintures des enfants qui utilisent des brosses à dents. La cascade que j’entendais se déverse dans un étang avec des nymphéas à ma droite. Des grenouilles me regardent avec des gros yeux depuis les feuilles de lotus. Un croassement leur échappe de temps en temps. Le ciel est bleu, avec quelques nuages par ci par là, poussés par un vent d’ouest. A côté de l’étang se dresse un chêne. Et sous ce chêne repose une tombe, sertie de fleurs. Je m’approche lentement, inquiète de déranger l&rsquo;âme qui dort. Quand je suis assez proche, je remarque que la pierre est en bon état. Elle n’est pas recouverte de mousse et pourtant les dates inscrites commencent par neuf. Il n’y a pas de nom, juste des symboles représentant des étoiles et des fleurs. Je m’agenouille pour rendre hommage au corps enterré quand je vois un endroit où il n’y a pas de terre mais une vitre. Et sous la vitre se trouve une femme d’une beauté éternelle. Elle a l’air si paisible, endormie et non morte. Il me semble que je pourrais la réveiller en toquant dessus. Mais je n&rsquo;ose pas.</p>
<p class="p1">Je reste là à la contempler longtemps. Quand je me lève, il fait nuit et les étoiles brillent et veillent sur elle.</p>
<p class="p1">La porte est revenue. De ce côté je peux voir qu’elle est sculptée dans un arbre et recouverte de mousse. Elle s’ouvre lentement pour m’inviter à sortir. De l’autre côté tout est si sombre. Cette fois, personne ne me pousse à sortir. J’avance de mon plein gré, sachant que je pourrais rester ici pour toujours. Avant de fermer la porte, je regarde une dernière fois le paysage et je suis presque sûre qu’il y a quelqu’un dans l’arbre, qui me dit au revoir. Je referme la porte et tout devient noir.</p>
<p class="p1"><span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-10838 aligncenter" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-267x400.jpg" alt="" width="267" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-267x400.jpg 267w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-533x800.jpg 533w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-768x1152.jpg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-1024x1536.jpg 1024w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-1365x2048.jpg 1365w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-600x900.jpg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2025/07/Margot-Lamontagne-photo-porte-noire-peter-trones-5WtCRHBOIU0-unsplash-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 267px) 100vw, 267px" /></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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<div class="elementor-widget-container">
<h2 style="text-align: center;"><b>Un monologue dont chaque phrase commencerait par « Tu ne veux plus »<br />
</b></h2>
</div>
</div>
<p class="p1">Tu ne veux plus&#8230;<br />
Tu ne veux plus avoir à te justifier de ne pas être en couple à vingt-cinq ans.<br />
Tu ne veux plus mettre du maquillage pour que les gens te trouvent en bonne santé. Tu ne veux plus avoir peur de marcher seule quand la nuit est tombée.<br />
Tu ne veux plus mettre des jupes pour faire plaisir à ton patron.<br />
Tu ne veux plus être siffler comme un chien dans la rue.<br />
Tu ne veux plus sentir une main sur ta cuisse dans le métro, qu&rsquo;il soit bondé ou non. Tu ne veux plus être refusé des travails parce que tu pourrais tomber enceinte.<br />
Tu ne veux plus entendre les commentaires des hommes sur tes habits que tu as choisis pour toi, parce qu’il te faisait te sentir bien.<br />
Tu ne veux plus entendre la question “t&rsquo;as tes règles” quand tu es de mauvaise humeur.<br />
Tu ne veux plus que les filles au primaire soient sur le classement des garçons “ qui a la plus grosse poitrine ”.<br />
Tu ne veux plus être vue comme une pute parce que tu n’as pas attendu le mariage. Tu ne veux plus être traité de “garçon manqué” parce que tu as les cheveux courts. Tu ne veux plus voir ta tante qui te demande à chaque fois “ alors quand est-ce que tu nous ramènes un garçon à la maison ”.<br />
Tu ne veux plus voir la tête surprise que font les gens quand tu leur dis que tu es ingénieure, ou mathématicienne, ou astronaute, ou cheffe cuisinière, ou athlète de haut niveau, ou architecte, ou physicienne, ou écrivaine.<br />
Tu ne veux plus avoir à endurer les hommes et leur sexisme, la société et son système patriarcal, les femmes et leur misogynie intériorisée.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Texte produit en atelier d&#8217;écriture hebdo en ligne &#8211; printemps 2025</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/texte-produit-en-atelier-decriture-hebdo-en-ligne-printemps-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 18:02:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Gabriel, 13 ans Thème de l&#8217;atelier : l&#8217;écriture théâtrale Les personnages : Eloïse : une élève qui a participé au harcèlement de Joséphine Joséphine : une élève qui s&#8217;est fait harceler par le groupe d&#8217;Eloïse Eloïse arrive sur scène. Le décor est celui d&#8217;une chambre. Elle s&#8217;assoit, prend un stylo et ouvre un carnet [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Gabriel, 13 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Thème de l&rsquo;atelier : l&rsquo;écriture théâtrale</b></h3>
</div>
</div>
<div class="page" title="Page 1">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Les personnages :</p>
<ul>
<li>Eloïse : une élève qui a participé au harcèlement de Joséphine</li>
<li>Joséphine : une élève qui s&rsquo;est fait harceler par le groupe d&rsquo;Eloïse</li>
</ul>
<p><em>Eloïse arrive sur scène. Le décor est celui d&rsquo;une chambre. Elle s&rsquo;assoit, prend un stylo et ouvre un carnet : c&rsquo;est son journal intime. Elle commence à écrire.</em></p>
<p><em>Eloïse</em> : Pardonne-moi si je t&rsquo;ai fait du mal&#8230; Pardonne moi &#8230; Je suis désolée&#8230; Désolée pour toute la méchanceté que tu as pu subir de ma part. Désolée pour toute cette méchanceté gratuite. Il n&rsquo;y avait même pas de raison. Tu étais juste <em>(elle réfléchit avant d&rsquo;écrire le mot)</em> différente. Seule, toujours seule dans ta bulle. Et moi, j&rsquo;ai choisi la facilité. J&rsquo;ai choisi la méchanceté. Je repense à tous ces moments où tu as dû souffrir. La torture que tu as subi entre ces bureaux. J&rsquo;imagine ta souffrance lorsque tout la classe se moquait de toi quand tu allais au tableau. Ça a dû être horrible. Si je t&rsquo;écris ces quelques mots aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est pour m&rsquo;excuser. Je me rends compte à présent que, l&rsquo;année dernière, j&rsquo;ai vraiment dépassé les bornes. Au fond tu ne m&rsquo;avais rien fait.</p>
<p><em>Elle prend un mouchoir pour essuyer les quelques larmes qui coulent sur ses joues. Avec son autre main, elle attrape un couteau qui est posé sur sa table de chevet, et commence à l&rsquo;observer. On voit sur son visage que des (mauvais) souvenirs lui reviennent. Elle reprend l&rsquo;écriture, plus hésitante. Elle pèse ses mots. Puis elle commence à écrire, beaucoup plus rapidement cette fois. Les mots sont pour elle comme un cri du cœur. Elle écrit sans réfléchir réellement :</em></p>
<p>Moi, j&rsquo;ai été horrible. Quand je t&rsquo;ai menacée avec ce couteau que je tiens entre mes doigts en ce moment même, je n&rsquo;étais plus vraiment moi-même. J&rsquo;ai honte à présent, j&rsquo;ai honte. Je sais que rien ne peut justifier le comportement que j&rsquo;ai eu avec toi. Si j&rsquo;ai fait cela, peut être que c&rsquo;était parce que moi aussi je souffrais, au fond. J&rsquo;étais vraiment tiraillé entre mes amis qui te &#8230; torturaient chaque jour, et ma propre volonté. Au final, je crois que c&rsquo;est l&rsquo;esprit de groupe qui l&rsquo;a emporté. Je ne voulais pas, je ne voulais surtout pas être à ta place. Harcelée. A présent je me rends compte de ce que veut dire ce mot. J&rsquo;espère que tu me pardonneras.</p>
<p><em>Alors qu&rsquo;elle a fini d&rsquo;écrire, elle fond en larmes. D&rsquo;un seul coup, tout lui semble devenir flou. Eloïse est comme plongée entre le rêve et la réalité. C&rsquo;est alors que Joséphine s&rsquo;approche lentement d&rsquo;elle. Un frisson traverse le corps de la jeune fille. Alors que Joséphine est de plus en plus proche, elle sent de nouveau les larmes lui monter au visage. On sent que c&rsquo;est dur pour Eloïse de se confronter à elle. Pour briser le silence, elle bafouille:</em></p>
</div>
</div>
</div>
<div class="page" title="Page 2">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p><em>Eloïse</em> : Ça va?<br />
<em>Joséphine</em> <em>(après plusieurs secondes de silence)</em> : Mieux.</p>
<p><em>On entend alors une sorte de « voix off » : c&rsquo;est la voix des pensées d&rsquo;Éloïse</em></p>
<p><em>Voix off</em> : Je commence à bredouiller des excuses, sans parvenir à trouver les mots justes. Tout ce que j&rsquo;ai écrit il y a quelques instants semble brusquement s&rsquo;effacer : je n&rsquo;arrive pas à exprimer ce que je ressens tant je suis submergée par la tristesse et la culpabilité.</p>
<p><em>Les deux jeunes filles se regardent en silence. Puis, Éloïse ne résiste plus et se jette dans les bras de Joséphine : cela vaut toutes les excuses du monde. Après plusieurs minutes de cette étreinte, Joséphine souffle doucement dans l&rsquo;oreille d&rsquo;Éloïse :</em></p>
<p><em>Joséphine :</em> Je te pardonne.</p>
<p><em>A ces mots, les larmes commencent à couler sur le visage d&rsquo;Éloïse, sans honte, sans peur, sans tristesse.</em></p>
<p><em>Voix off</em> : Au fond de moi, je ne la comprends pas vraiment. Moi-même je ne me serai jamais pardonnée. Mais ces mots ont eu un tel effet sur moi que, d&rsquo;un seul coup, je me sens mieux, comme si tous mes problèmes s&rsquo;évanouissaient.</p>
<p><em>A ce moment-là, tout semble redevenir flou à nouveau.<br />
</em><em>Entre temps le décor a changé, c&rsquo;est une salle de classe : Éloïse est assise sur l&rsquo;une des tables, endormie. Elle commence à bouger légèrement. Elle est réveillée, mais n&rsquo;ouvre pas les yeux.</em></p>
<p><em>Voix off</em> : Lorsque je me réveille, je ne sais pas où je suis. Je n&rsquo;ai pas de souvenirs précis de ce qui vient de se passer mais des images me reviennent dans la tête. C&rsquo;est comme si ces quelques paroles échangées avec elle m&rsquo;avaient profondément marquée. C&rsquo;est fou à quel point de simples mots peuvent faire du bien parfois. Mais ils peuvent aussi faire le mal parfois, malheureusement.</p>
<p><em>La voix est interrompue dans sa réflexion par un bruit sourd : une sonnerie d&rsquo;école. Éloïse se réveille péniblement, regarde autour d&rsquo;elle, s&rsquo;étire. Elle est étonnée d&rsquo;être arrivée.</em></p>
<p><em>Éloïse (réfléchissant à voix haute)</em> : Je suis au collège ! C&rsquo;est bizarre, je ne me rappelle pas y être allée ! Mais comment est-ce que j&rsquo;ai pu y arriver ?? C&rsquo;est comme si une partie de la journée avait été &#8230; supprimée. Je descends les escaliers, machinalement. Je ne suis plus vraiment moi-même, à l&rsquo;intérieur. Je pense sans penser. C&rsquo;est très bizarre. Dans la cour de récréation, je la croise. Elle s&rsquo;approche de moi&#8230;</p>
<p><em>Joséphine</em> : Suis-moi.<br />
<em>Éloïse</em> : Sans réfléchir, je marche derrière elle. Elle m&rsquo;entraine à nouveau dans les escaliers. Nous montons jusqu&rsquo;au dernier étage.</p>
<p><em>Arrivées, Joséphine ouvre une petite porte qui donne sur le toit du collège.</em><br />
<em>Éloïse</em> : Tiens, il y a une espèce de petit jardin dessus ; c&rsquo;est fou, je n&rsquo;y aurais jamais pensé.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="page" title="Page 3">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Joséphine s&rsquo;assoit. Éloïse l&rsquo;imite.</p>
<p>Eloïse : Nous restons comme ça à regarder les oiseaux voler et le vent bruisser dans les feuilles, quelques instants, vingt minutes, une heure, toute la journée, je n&rsquo;en sais rien. Je n&rsquo;ai plus aucune notion du temps.</p>
<p><em>Il passe un certain temps avant que Eloïse lâche :</em></p>
<p><em>Eloïse</em> : Je suis tellement désolée&#8230;</p>
<p><em>Éloïse sent qu&rsquo;elle va à nouveau fondre en larmes, mais Joséphine la réconforte.</em></p>
<p><em>Joséphine</em> : Je te comprends, tu sais. Tu n&rsquo;es pas méchante. Tu t&rsquo;es juste laissée emporter par l&rsquo;égoïsme et la peur.</p>
<p><em>A ces mots, Éloïse redevient vivante, c&rsquo;est comme si un souffle de vie la traversait. Elle semble revigorée. Elle se relève calmement, paisiblement. Elle se sent énergique, à la limite de l&rsquo;invincibilité. Elle prend Joséphine dans ses bras. Elles redescendent les escaliers, sans échanger un seul mot. Arrivées en bas :</em></p>
<p><em>Eloïse :</em> Et si on repartait de zéro ? Si on recommençait tout ? Je m&rsquo;en veux tellement, je serai prête à faire n&rsquo;importe quoi pour devenir ton amie.</p>
<p><em>Joséphine lui prend la main. Elles commencent à courir, sans raison sans même savoir où elles vont. Elles rient. Elles se sentent liées. La force de l&rsquo;amitié les unit.</em><br />
<em>A ce moment-là, le décor change peu à peu pour devenir celui de la chambre. On voit Éloïse dans son lit, se réveiller, s&rsquo;étirer. Au fur et à mesure qu&rsquo;elle se prépare, une image apparait sur la scène : c&rsquo;est une photo de Joséphine avec écrit en légende : Joséphine Basquier, partie trop tôt. Éloïse claque la porte.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Rideau</em></p>
</div>
</div>
</div>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p style="text-align: right;">
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		<title>Texte produit en atelier d&#8217;écriture créative &#8211; vacances de printemps 2025</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/texte-produit-en-atelier-decriture-creative-vacances-de-printemps-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 17:23:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Leia, 14 ans Hikikomoris (Texte écrit d&#8217;après une toile de Thomas Demand) Dans la capitale de Tokyo, il existe un phénomène très répandu qui touche énormément de personnes, notamment la jeune génération comme la vieille génération, qui vivent reclus dans leurs appartements. On les surnomme les Hikikomoris. Certains sont atteints d’agoraphobie et d’anxiété sociale [&#8230;]</p>
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<p><em>? Leia, 14 ans</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><b>Hikikomoris<br />
(Texte écrit d&rsquo;après une toile de Thomas Demand)</b></h2>
</div>
</div>
<p>Dans la capitale de Tokyo, il existe un phénomène très répandu qui touche énormément de personnes, notamment la jeune génération comme la vieille génération, qui vivent reclus dans leurs appartements. On les surnomme les Hikikomoris. Certains sont atteints d’agoraphobie et d’anxiété sociale très forte, d’autres de maladies mentales quelconque. Ils n’ont pas d’amis (à part sur Internet), leurs familles les rejettent des fois. Les seuls moments où ils sortent c’est pour aller acheter de quoi manger le jour même dans le konbinis du coin. Le reste du temps, ils commandent tout ce qui leur faut pour survivre, que ce soit des vêtements, des livres, des jeux vidéos. Même que certains d’entre eux deviennent des streameurs assez connus. Il arrive parfois que leurs proches leur envoient des messages, les appellent ou leur envoient des lettres. Soit ils répondent à demis mots, soit ils ne répondent jamais, se faisant presque passer pour mort. Il y a aussi des hikikomoris qui ont une maladie mentale très étrange, qui touche surtout les hikikomoris d’âge mûr. Une maladie mentale qui fait qu’ils n’arrivent pas à jeter leurs déchets. Ce qui fait qu’ils vivent autour de déchets en tout genre entassés, avec pour seule compagnie des cafards et d’autres insectes. On pourrait dire qu’ils sont franchement degueu. Mais d’un point de vue plus objectif, ce ne sont que des personnes dépassées par les événements, qui n’arrivent pas à suivre le mouvement de leur société et qui sombrent dans une détresse profonde. Abandonnant les lettres de leurs familles, sans réponse, temporairement ou à jamais.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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		<title>Texte produit en atelier d&#8217;écriture créative &#8211; vacances de Toussaint 2024</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/texte-produit-en-atelier-decriture-creative-vacances-de-toussaint-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Nov 2024 18:00:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Chloé, 13 ans La jarre à cookies Dans une station-service une petite fille lisait un mot qu&#8217;elle avait trouvé par terre, c&#8217;était un petit papier jaune : « Prends un cookie dans la jarre près de la caisse de la station-service », lut-elle. Elle s&#8217;avança calmement vers la station-service en serrant son doudou. « Esso 7 jours [&#8230;]</p>
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<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Chloé, 13 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>La jarre à cookies</b></h3>
<p>Dans une station-service une petite fille lisait un mot qu&rsquo;elle avait trouvé par terre, c&rsquo;était un petit papier jaune :</p>
<p>« Prends un cookie dans la jarre près de la caisse de la station-service », lut-elle.</p>
<p>Elle s&rsquo;avança calmement vers la station-service en serrant son doudou.</p>
<p>« Esso 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, ouvert », lut la petite fille.</p>
<p>Elle entra dans la station-service fébrilement mais silencieusement.</p>
<p>« Caissier absent utiliser caisse automatique, 00h24, lut la petite fille sur l&rsquo;horloge.</p>
<p>Elles se tourna vers la jarre à cookie et lut :</p>
<p>« Cookie gratuits, service à volonté »</p>
<p>La petite fille mit sa main dans la jarre mais dès qu&rsquo;elle toucha un cookie elle disparut soudainement laissant à sa place un doudou et un petit cookie. Un homme passant par-là rangea le doudou dans un rayon et croqua le cookie à pleines dents.</p>
</div>
</div>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Arielle, 13 ans</em></p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-9650" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Arielle-New-York-City-zach-miles-Y84-eo8drzk-unsplash-560x400.jpeg" alt="" width="560" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Arielle-New-York-City-zach-miles-Y84-eo8drzk-unsplash-560x400.jpeg 560w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Arielle-New-York-City-zach-miles-Y84-eo8drzk-unsplash-1119x800.jpeg 1119w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Arielle-New-York-City-zach-miles-Y84-eo8drzk-unsplash-768x549.jpeg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Arielle-New-York-City-zach-miles-Y84-eo8drzk-unsplash-600x429.jpeg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Arielle-New-York-City-zach-miles-Y84-eo8drzk-unsplash.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Vérité ou vérité</b></h3>
<p>Les plantes m’intéressent</p>
<p>Les animaux me passionnent</p>
<p><em>Tu penses à tes animaux, mais ils ne pensent pas à toi !</em></p>
<p>Les échecs me distraient</p>
<p>Les jeux de société me divertissent</p>
<p><em>Tu es fort aux échecs, mais tu n’y joues pas, tu te dis qu’il y a plus forts que toi.</em></p>
<p>New York tu aimes</p>
<p>Voyager tu adores</p>
<p><em>Tu aimes New York, pourtant tu n’y es jamais allé</em></p>
<p>Les cours m’intéressent</p>
<p>L’école parfois m’ennuie</p>
<p><em>Tu vas à l’école pour t’amuser mais pas vraiment pour travailler</em></p>
<p>Les légumes me tentent</p>
<p>Les haricots m’attirent</p>
<p><em>Tu manges des légumes, car c’est pour la santé, tu n’as jamais véritablement aimé</em></p>
<p>Parler me fait sourire</p>
<p>Raconter me fait aucun effet</p>
<p><em>Tu parles beaucoup, mais tu n’as rien à dire.</em></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Léonie, 14 ans</em></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-9651" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Leonie-Loup-federico-di-dio-photography-PAm1Zm3zYmc-unsplash-600x400.jpeg" alt="" width="600" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Leonie-Loup-federico-di-dio-photography-PAm1Zm3zYmc-unsplash-600x400.jpeg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Leonie-Loup-federico-di-dio-photography-PAm1Zm3zYmc-unsplash-1199x800.jpeg 1199w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Leonie-Loup-federico-di-dio-photography-PAm1Zm3zYmc-unsplash-768x512.jpeg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/11/Photo-texte-Leonie-Loup-federico-di-dio-photography-PAm1Zm3zYmc-unsplash.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Retour au Pays Imaginaire</b></h3>
<p>Je suis organisé. Je ne peux pas me lever le matin sans avoir quelque chose à faire ou un objectif à accomplir pendant la journée. Quand je suis seul, je me parle en anglais. J’ai toujours un livre sur moi. On m’a appris à dire « Ce n’est pas à mon goût » plutôt que « C’est dégueu, j’en veux pas ! », alors je prends un malin plaisir à ne pas le dire. J’ai une écriture spéciale que personne n’arrive à lire. Quand je ne connais pas un mot en anglais, je le dis en français avec un accent British ce qui donne « voiChtuRee » à la place de « car ». Je dis que j’aime lire mais je n’ouvre pas souvent un livre pour autant. Je joue du piano comme un pied. Je préfère le calme et la solitude plutôt qu’un groupe d’amis bruyants. Quand je suis fatigué, je suis de mauvaise humeur. J’aime travailler et faire semblant du contraire auprès de mes amis et de mes proches. Je préfère de loin la ville à la campagne. Quand quelque chose de pénible est à faire (comme débarrasser la table), je ne le fais pas jusqu’à ce qu’on me demande de m’y atteler mais si cette requête ne vient jamais alors ne compte pas sur moi pour l’exécuter de mon plein gré. Souvent, je mordille le bout de mon stylo pour avoir plus d’inspiration. J’aime apprendre des citations par cœur pour les ressortir lors d’un débat et ainsi paraître intelligent. J’aime danser le Rock. J’aime la musique car comme à très justement dit Friedrich Nietzsche : “Without music, life would be a mistake”. L’équitation me passionne même si je ne suis jamais monté sur un cheval de ma vie. Je ne comprends strictement rien au langage des scouts. Mon animal préféré est le loup, même si j’affectionne beaucoup le renard. J’aime les fleurs sans trop le montrer. Je ne porte que des chemises. Je déteste parler de moi (imagine le dégout que me prodigue l’écriture de ce texte !). J’ai des amis charmants avec qui je me compare beaucoup trop. J’ai une imagination débordante et bien trop enfantine. Je dors entouré d’oreillers. J’ai toujours froid aux pieds mais je ne mets jamais ni chaussettes ni pantoufles. Je ne me parfume pas. J’aime dessiner un fusain. Ma couleur préférée est le vert. Je suis taciturne mais j’écoute et analyse beaucoup. Je porte la couture en horreur. Je n’aime que les sports de combat.</p>
<p>Que je suis devenu banal mon Dieu ! J’espère que tu n’as pas trop honte de moi pour l’instant, mon fils, car je vais te montrer mes plus profondes pensées et espérances. Je vais te dire ce que j’ai toujours voulu te raconter. Je sais que tu en rêves souvent, que tu rêves de sillons pleins de souvenirs, d’histoires racontées tard le soir et de chansonnettes qui te bercent. Mais aujourd’hui, je vais te le dire : tout cela est vrai. Tu iras un jour visiter Pays Imaginaire, je te le promets. Un soir alors que tu dormiras tranquillement dans ton lit douillet, des fées viendront te chercher et t’emmèneront voir mon ancien antre. Là-bas, elles te raconteront mes batailles contre le Capitaine Crochet. Mais chut ! Des profondeurs l’océan, il pourrait vous entendre ce macchabé ! Il pourrait revenir et te provoquer en duel. Il dégainerait alors son épée, mais toi n’en n’ayant pas, tu serais battu d’avance. Ces dames aux longues ailes pourront même te montrer un de ses portraits. Captures-en bien chaque trait pour me les rapporter et ainsi revigorer le souvenir que j’ai de mon ancien ennemi. Tu suivras les princesses ailées, mon garçon, elles te montreront comment te cacher comme un Indien, te battre comme un pirate, nager comme une sirène ou voler comme j’ai longtemps su le faire. Tu rencontreras les nouveaux Garçons Perdus du Pays Imaginaire. Je ne les connais pas… Tu pourras apprendre à devenir comme eux si l’envie te prend : indépendants, fraternels et galants. Mais attention ! moi je veux que tu reviennes. Alors, tu leur proposeras, à ces pauvres petits, s’ils veulent une maman pour leur raconter des histoires comme la tienne te l’a tant fait, et un papa pour vous former à la discipline et au combat. Ils diront oui, je l’espère, car j’ai le même désir que toi : retourner au Pays Imaginaire.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Textes produits en ateliers d&#8217;écriture hebdo à distance &#8211; printemps 2024</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-ateliers-decriture-hebdo-a-distance-printemps-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jul 2024 18:39:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Leia, 13 ans L&#8217;enfer, c&#8217;est le boulot Dites-moi, à quoi ça sert de dormir finalement ? Personnellement, je n’y vois plus aucun intérêt. Plus aucun besoin. J’ai eu cette révélation lorsque j’ai obtenu mon premier emploi dans une entreprise de commerce. Un bureau où la devise est : Ta vie, ton job. Je pensais [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Leia, 13 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>L&rsquo;enfer, c&rsquo;est le boulot</b></h3>
<p>Dites-moi, à quoi ça sert de dormir finalement ?</p>
<p>Personnellement, je n’y vois plus aucun intérêt. Plus aucun besoin. J’ai eu cette révélation lorsque j’ai obtenu mon premier emploi dans une entreprise de commerce. Un bureau où la devise est : Ta vie, ton job. Je pensais que c’était une phrase qui signifiait que tu devais accomplir de grandes choses. Mais à présent, j’y ajouterai une petite modification : Ton job, c’est ta vie. Le challenge dans cette filiation, c’est lequel fera le plus d’heures sup’ pour avoir la meilleure augmentation. Étant un nouvel employé, j’ai joué le jeu. En faisant ça, sur le chemin, j’ai perdu ma santé, mon hygiène, ma bonne alimentation, mes jours de congé et surtout mon sommeil. Je voulais prouver que je n’étais pas un flemmard. Mais à qui ? Je n’avais ni famille ni amis à qui le montrer. J’ai pris alors une décision radicale, je ne devais plus dormir. J’ai commencé à m’acheter des boissons énergisantes, des shoots de sirops à la caféine puis des drogues. Plus les jours passaient, plus la folie me gagnait. D’abord, ce fut le tour d’hallucinations visuelles. La pire sensation de ma vie. Je voyais des ombres la nuit. Des ombres hideuses qui me transperçaient avec leurs regards vides et leurs sourires démoniaques. Elles se rapprochaient lentement de moi. Leurs mains étaient aussi tranchantes que des couteaux. Leurs respirations jetaient un froid glacial dans toute la pièce. Puis je fus victime d’hallucinations auditives. Les ombres se sont mises à parler. Je pensais tout le temps que quelqu’un m’appelait. Où que je sois. Je commençais à flipper. Donc je mettais des bouchons d’oreilles. Mais malgré cela, je les entendais et les voyais encore et encore. Même si je fermais les yeux, leurs images me hantaient et restaient gravées dans ma mémoire. Un jour, lassé par tout cela, je tentai de me crever les yeux et les oreilles. Je me suis alors rendu compte à temps que je n’allais pas bien et ai appelé l’hôpital en urgence. Les médecins ont décidé de me plonger dans un coma artificiel pour voir comment mon corps réagirait. À mon réveil, ils m’ont assuré que tout allait bien. Je suis reparti la queue entre les jambes, bredouille. J’en avais assez du bruit et de la vue. J’ai fini par faire l’impensable. La folie m’avait gagné pour de bon.</p>
</div>
<p><span style="font-size: 75%;"><br />
Photo de <a href="https://unsplash.com/fr/@mettyunuabona?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash">Ehimetalor Akhere Unuabona</a></span></p>
</div>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Antonin, 14 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Éris</b></h3>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9227 size-medium alignleft" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Texte-Antonin-photo-ile-unsplash-Neil-Thomas-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Texte-Antonin-photo-ile-unsplash-Neil-Thomas-600x400.jpg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Texte-Antonin-photo-ile-unsplash-Neil-Thomas-1200x800.jpg 1200w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Texte-Antonin-photo-ile-unsplash-Neil-Thomas-768x512.jpg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Texte-Antonin-photo-ile-unsplash-Neil-Thomas-1536x1024.jpg 1536w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Texte-Antonin-photo-ile-unsplash-Neil-Thomas-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></em></p>
<p>C’est à bord du Mendragon, le plus grand navire de guerre du royaume, qu’elle, une femme, embarquait.</p>
<p>Pour les Insulaires, les femmes étaient des sorcières, des porte-malheurs. Née sur l’ile de Mortsee, elle n’avait pas vu la mer avant ses treize ans. C’est peut-être cette enfance enfermée qui lui avait donné le goût du voyage. Éris avait hâte de découvrir la Mer desséchée, ses peuples, sa culture, ses traditions. Celle-ci sortit de ses pensées quand elle croisa le regard d’un homme, il n’avait sûrement jamais vue de femmes de sa vie. La plupart d’entre elles étaient cloitrées dans la maison de leurs familles.</p>
<p>Une fois seule, elle repensa aux vieux contes qu’on lui racontait étant petite. Elle rêvait des Vertes-terres et de Vers d’étoiles. Elle sentit alors une odeur de brûlé, une odeur accompagnée de cris, de cris de douleur. Un homme en toge blanche, descendit dans la cale. Il saisit un couteau et se jeta sur elle. Éris esquiva puis s’empara de sa lame et perça le cœur de son adversaire. Une marée de sang inonda alors le sol.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Toscane, 17 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Dialogue avec un tueur</b></h3>
</div>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-9238 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-300x400.jpeg" alt="" width="300" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-300x400.jpeg 300w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-600x800.jpeg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-768x1024.jpeg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-1152x1536.jpeg 1152w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-1536x2048.jpeg 1536w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/4CA889F8-B325-457E-A171-429C01FF2AA7_1_201_a-scaled.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></em></p>
<p>Milo avait vu l’homme se cacher derrière deux troncs d’arbre. Il était rapide et si Milo avait cligné des yeux, il l’aurait manqué. Mais Milo avait gardé ses yeux grands ouverts.</p>
<div class="elementor-widget-container">
<p>« -Je sais que tu es là. Ça ne sert pas vraiment de te cacher maintenant… »</p>
<p>Milo avança d’une voix qui ne se voulait pas hostile mais aucun mouvement derrière les arbres ne se laissait dévoiler.</p>
<p>« -J’ai compris la logique, ton puzzle. Ça m’a pris du temps, tu sais ? Je pense que tu sais, tu voulais que ça me prenne du temps… » Milo soupira « Mais je ne pense que pas tu t’attendais à ce que je vienne ici ? Tu aurais préféré que je cours ? » Il y avait une partie de Milo qui le poussait toujours à être trop curieux. Il ne se disait pas souvent que ça lui attirerait des ennuis. Enfin maintenant c’était trop tard pour penser aux ennuis.</p>
<p>« Tu aurais préféré que je me cache, que je change de pays, de nom ? Pour ne pas que tu me retrouves ? Ça t’aurait peut-être plu…Tu voulais peut-être te dégourdir les jambes une dernière fois&#8230; »</p>
<p>Il n’y eu pas de réponse, pas de mouvement, une soudaine impression dérangeante qu’il parlait dans le vide… Mais Milo savait qu’il avait vu l’assassin se cacher derrière l’arbre il y a à peine deux minutes. Il tenta une nouvelle approche.</p>
<p>« J’ai compris ton puzzle. » Il répéta.</p>
<p>« Tu as commencé avec la femme de chambre. C’est elle qui a parlé à ta mère du jardin d’Eden, n’est-ce pas ? Elle avait une liste de suivants dans sa poche, la police a reconnu le nom de ta troisième victime. C’était une vieille femme, tu n’avais besoin que d’un oreiller. Puis tu as puni ton oncle, celui qui vous a abandonné au jardin d’Eden. Je ne l’ai compris que récemment. La ressemblance entre vous deux est frappante, tu le sais ? Enfin je pense que tu le sais… Est-ce que tu te détestes pour ça ? Trois balles dans l’abdomen, une très bonne précision, tu t’étais entrainé. Puis il y a eu ta troisième victime. Celle qui n’a fait qu’écouter et suivre les conseils des autres. Jusqu’à ce qu’elle arrive dans le jardin. Ta mère qui a refusé d’entendre tes plaintes et tes doutes… Celle qui a donné tout votre argent à un gourou et quand vous n’en aviez plus, celle qui a donné votre sang. Sur le corps, on pensait que les cicatrices rouges étaient infligées par l’agresseur. Mais elles dataient d’un peu trop tôt… Tu as été clément avec elle. Un peu trop de somnifère dans son verre. Tu ne voulais pas la faire souffrir. » Là Milo vit l’arbre bouger. Une réaction. Milo aurait été étonné du contraire. Un moment il ne voulut pas continuer l’histoire sordide mais l’homme derrière l’arbre ne bougeait plus. Milo avala sa salive.</p>
<p>« Tu ne voulais pas laisser le gourou à la police. Il était à toi. Avec lui, tu n’as pas été clément. Le corps était saccagé, plus de mains, une écorche à la gorge assez petite pour le faire souffrir longtemps. Tu avais volé de l’argent dans son coffre. Pour faire croire à un meurtre d’intérêt. C’est moi qui ai trouvé l’argent dans la maison de ta mère, sous une calle dans l’escalier. Tu lui as rendu ce qu’elle avait donné. Je sais que tu as laissé le reste de la secte à la police. Tu voulais qu’ils trouvent eux même pour le reste. Tu as laissé des indices, ici l’adresse du jardin, là une liste des hauts placés… Tu avais ta propre liste à toi. » Milo soupira.</p>
<p>« Je sais que je suis le prochain. Tu m’en veux d’en être sorti. Tu m’en veux d’avoir eu des parents lucides, plus lucides que les tiens. Tu m’en veux d’avoir été sauvé. C’est personnel, tu m’en veux personnellement. Tu sais que je n’ai que peu de souvenirs du jardin ? Tu es sorti bien après moi, tu te souvenais de mon visage alors que pour moi, tu étais effacé. Je me souviens de toi, maintenant. Je sais qui tu es. Je t’ai retrouvé dans mon inconscient au fil du puzzle. L’as-tu fait pour moi ? Pour m’attirer à toi ? Pour le coup final, ta dernière vengeance ? »</p>
<p>Milo vit l’arbre bouger à nouveau, il voulait voir le tueur sortir. Il avait mis des mois à tirer le fil conducteur d’une énigme sans fin, ce n’était pas pour parler à un trouillard !</p>
<p>« Voulais-tu que je fuie ? Tu as construit cette énigme pour moi, pensais-tu que je j’allais me cacher ? » Milo reprit.</p>
<p>« Elios, je me suis caché toute ma vie. J’ai tenté d’être introuvable de la secte. Qu’elle ne me reprenne jamais. Mais finalement elle m’a retrouvée, tu m’as retrouvé. C’est assez ironique, tu as repris le rôle de la chose que tu as détruite. Par vengeance. Mais je suis fatigué maintenant. Je ne veux plus courir, plus me cacher. J’ai marché jusqu’ici, je suis tombé dans ton piège volontairement. Si tu veux en finir, je ne te donnerai pas de peine. »</p>
<p>C’est là que la figure d’Elios sortit lentement de la forme des arbres pour regarder Milo dans les yeux. Milo teint son regard.</p>
</div>
<p><span style="font-size: 75%;"> </span></p>
<p class="p1"><span class="s1" style="font-size: 75%;">Photo de <a href="https://unsplash.com/fr/@mrsrachelmcdermott?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash"><span class="s2">Rachel McDermott</span></a></span></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Adèle, 16 ans</em></p>
<p>Le poème qui suit a été produit à l&rsquo;occasion du Printemps des poètes (mars 2024, thème La Grâce)</p>
<h3 style="text-align: center;"><b>J&rsquo;accueille</b></h3>
<p style="text-align: center;">J’accueille ce soleil brûlant<br />
Qui vient chasser ces nuages<br />
Cette bulle de négativité<br />
Toute la grisaille accumulée.<br />
J’accueille toute la nouveauté<br />
Qui vient illuminer et irradier<br />
Tous ces jours semblables enchaînés</p>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9226 size-medium aligncenter" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-300x400.jpg" alt="" width="300" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-300x400.jpg 300w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-600x800.jpg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-768x1024.jpg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-1152x1536.jpg 1152w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-1536x2048.jpg 1536w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Poeme-Adele-photo-soleil-henry-ren-NXKc3YnQUyo-unsplash-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></em></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: 75%;">Photo de <a href="https://unsplash.com/fr/@henryren?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash">Henry Ren</a></span></p>
<p>L’article <a href="https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-ateliers-decriture-hebdo-a-distance-printemps-2024/">Textes produits en ateliers d&rsquo;écriture hebdo à distance &#8211; printemps 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://thebreak-experience.com">The Break à Paris</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Textes produits en stage linguistique Ecriture créative et anglais &#8211; été 2024</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-stage-linguistique-ecriture-creative-et-anglais-ete-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jul 2024 15:07:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Dune, 15 ans Letter to a Girl with Red Shoes I never liked writing, I always thought it gave a reality to things, like for the first time, they exist.  I don’t write to you out of my own will, it was some kind of homework she gave me.  She is a bit strange, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Dune, 15 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Letter to a Girl with Red Shoes</b></h3>
<p>I never liked writing, I always thought it gave a reality to things, like for the first time, they exist.  I don’t write to you out of my own will, it was some kind of homework she gave me.  She is a bit strange, she has this thing with her hair, she can’t stop touching it and she always has lipstick on her teeth.  She acts like she knows, knows me, knows you.  Sometimes when I’m done talking she stares at me through her glasses, she just…stares without saying a word.  I don’t like it, it makes me nauseous.</p>
<p>Last week, she asked me a question, “Why did you choose her?” and those words keep ringing in my head.  The first time I saw you, you were wearing red shoes with flowers on them, I really liked those shoes but you never wore them again.  I still dream of them sometimes. You had this perfume, the smell is still so fresh in my head that I can still smell it.  Chanel, if I remember right, yes…Chanel.  But you know…it’s strange, no matter how hard I try, I can’t seem to remember your face.  Every time I close my eyes, that I try to go back as far as I can, I can’t remember your face.  Why can’t I remember your face?  But still, “Why did you choose her?”  Why did I choose you?  I’m not sure myself, really you didn’t stand out more than someone else, you just happened to pass my way.  I know a lot of serial killers choose very precisely.  People always try to find a meaning to irrational actions, but maybe sometimes they have no meaning?  Is it so hard to admit?  I guess it makes you feel worse: “I died on a game of luck.”  Well, I will not bother you more, I will let you rest.</p>
</div>
</div>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Emma, 14 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Untitled</b></h3>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-9221 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-joueurs-basket-NB-john-branch-iv-GoK7-pch12s-unsplash-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-joueurs-basket-NB-john-branch-iv-GoK7-pch12s-unsplash-600x400.jpg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-joueurs-basket-NB-john-branch-iv-GoK7-pch12s-unsplash-1200x800.jpg 1200w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-joueurs-basket-NB-john-branch-iv-GoK7-pch12s-unsplash-768x512.jpg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-joueurs-basket-NB-john-branch-iv-GoK7-pch12s-unsplash-1536x1024.jpg 1536w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-joueurs-basket-NB-john-branch-iv-GoK7-pch12s-unsplash-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></em></p>
<p>His name was Jeremy.  He didn’t have any friends, any parents, any affection.  He was always alone and people said he was mad and crazy, and they were afraid of him.  He was tall, imposing, and he had only one eye.  The other didn’t see anything.</p>
<p>Jeremy got off his skateboard and walked to the basketball court.  A young man was here.  Jeremy hadn’t ever seen him before.  He was taller than him, with dark brown hair, and he was concentrating on his gesture before shooting.  Jeremy looked at him, and finally took his ball out of his bag.  He dribbled and jumped to the basket.  When the ball fell onto the floor, he heard the other boy’s applause:</p>
<p>“You’re really good!  I love it!  Join my team!”</p>
<p>Jeremy looked at him and frowned.  Why did he talk to him?</p>
<p>“I’m Fred!  And I suppose that you are…Jeremy, right?”</p>
<p>“How do you know my name?”<br />
“We’re in the same class.  Jeremy, Jeremy…Hum, that’s too long!  So…Yes, I found it!  Jerem is good.  Join my team, Jerem!”</p>
<p>“You just removed the Y.  I don’t want to join your team.  Seriously…You must be desperate to ask this to me.”</p>
<p>“Well…actually, I’m really desperate.  But you’re really good, J!  And we’re only two?  Please!”<br />
“J?  What the…who’s the second?”<br />
“Steph.  You don’t know him.  He’s a werewolf.”</p>
<p>“A what?  Oh, seriously, you’re totally mad…Werewolves don’t exist.”<br />
“I think that’s true.  Come with us.”</p>
<p>“If I play only one match, can you get off my back?”</p>
<p>“I’m not sure.  Come, I will introduce you to Steph.”</p>
<p>“I didn’t say yes!”<br />
“Whatever, come.”</p>
<p>Jeremy and Fred walked during long minutes and arrived finally in front of a boy who had probably the same age as them.  He was also tall, with long dark brown hair, sleepy green eyes, and a tattoo on his forehead.  A purple star.  When he heard the two boys, he looked at them and just breathed, lying on his back.</p>
<p>“Steph, look, it’s the crazy basketball player, J!”<br />
“My name is not J!”</p>
<p>“Pff, shut up, J is a really good name, you know?  It is cool.”<br />
Steph closed his eyes and turned his head at Jeremy.  “Hi, J…Nice to meet you.”</p>
<p>“Jeremy.  You’re a werewolf?”<br />
Steph sighed and said, “Yes, I’m from the Zaragua’s clan.  This,” (he showed his forehead), “is the symbol of the Zaraguans.”</p>
<p><em>To be continued…</em></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Maïlys, 12 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Sarah and Raymond, Secret Agents</b></h3>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-9217 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-eleve-jessica-lewis-thepaintedsquare-SrJuOjX2qso-unsplash-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" srcset="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-eleve-jessica-lewis-thepaintedsquare-SrJuOjX2qso-unsplash-600x400.jpg 600w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-eleve-jessica-lewis-thepaintedsquare-SrJuOjX2qso-unsplash-1200x800.jpg 1200w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-eleve-jessica-lewis-thepaintedsquare-SrJuOjX2qso-unsplash-768x512.jpg 768w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-eleve-jessica-lewis-thepaintedsquare-SrJuOjX2qso-unsplash-1536x1024.jpg 1536w, https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2024/07/Photo-eleve-jessica-lewis-thepaintedsquare-SrJuOjX2qso-unsplash-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></em></p>
<p>“Did you bring it?” Sarah asked her friend.</p>
<p>“Yes, I did.  I still don’t understand why you wanted my father’s set of keys, or why I had to come all the way to this remote corner of the park to meet you,” he replied.</p>
<p>“I don’t want people to hear my plan.  Your father is the school’s principal, and I know the math teacher kept our tests in his locker.  So we are just going to sneak inside the school at night to see what my grade on the test is.”</p>
<p>“What?  But what if we get caught?” her friend said.  He had a panicked look on his face.  “Can’t you wait for the teacher to give you back your test?”</p>
<p>He tried to take back the keys, but his friend refused.</p>
<p>“No, Raymond, I can’t wait,” Sarah said.</p>
<p>“But why?” Raymond asked.</p>
<p>“Because I’m sure I’m going to get a bad grade, so I’m also going to replace the bad test with this new one,” she said and pulled out a sheet of paper.</p>
<p>“It has all the correct answers on it,” she explained.</p>
<p>“But that’s cheating, Sarah!”</p>
<p>“So what?  It’s not said anywhere that students aren’t allowed to sneak into the school at night!”<br />
“I’m not going to help you cheat!”  Raymond tried to walk away, but Sarah pulled him back.</p>
<p>“All right, Raymond, I won’t cheat.”  She tore the fake test into pieces to prove it.  “But we are still going to sneak into the school.  Won’t it be fun to see the school at night?  We’ll be like real secret agents!”</p>
<p>Raymond was still suspicious.</p>
<p>“How can I be sure you don’t have a second copy of your fake test?”<br />
“Well, if you want to keep an eye on me, you might have to come too.  Besides, you must have maps of the school.”</p>
<p>After Raymond and Sarah had found a map of their school, they started studying it.</p>
<p>“Why don’t we go in through the front door?” Sarah asked.</p>
<p>“I can’t believe it!  You would make a terrible secret agent, Sarah!  It’s a good thing I’m here!”</p>
<p>“It’s just that I don’t really want to go in by the sewers!  Is there really no other way in?”</p>
<p>“Well, maybe through the chimney…”  Raymond pointed at the chimney on the map.</p>
<p>“What?” Sarah said.  “No way!  I’m not Santa!”  She looked at the map.  “Wait!  This little window leads into the kitchen!  We can go there!”</p>
<p>“Fine.”  Raymond sighed.  But suddenly, he remembered something.  “But the cook will be there!”</p>
<p>“Isn’t he supposed to sleep at that time?”</p>
<p>“We are supposed to sleep too,” Raymond said.</p>
<p>“Good point.  Let’s find somewhere else.”</p>
<p>They looked at the map, but they couldn’t find anything.</p>
<p>“Maybe we shouldn’t sneak into the school after all,” Raymond said.</p>
<p>“You’re right,” Sarah said.  “I guess our sneaking into the school idea just wasn’t meant to be.”</p>
<p>“Oh, wait!” Raymond said.  “Look, there is an entrance here!”  He gestured to a small opening near the classroom.</p>
<p>“Where is that?” Sarah asked curiously.</p>
<p>“It’s the caretaker’s cupboard,” Raymond explained.</p>
<p>“Well, at least it’s not the sewers,” his friend sighed.  “Nobody is cleaning the school at midnight, right?”</p>
<p>“No, they go home at eight P.M.”</p>
<p>Later that evening, Raymond and Sarah met by the school gates.</p>
<p>“All right, we are all set.  Wait—Sarah, why are you dressed in bright red?”<br />
“What?  Was I supposed to wear another colour?”</p>
<p>“No, red is perfect for camouflage,” Raymond said with sarcasm.</p>
<p>“Hey, I didn’t know!  I have never been on a secret agent mission before, but apparently you have!”<br />
Raymond sighed.</p>
<p>“All right, let’s go in,” he said.</p>
<p>They climbed over the fence.  They were quiet at first, until Sarah fell over when she came down and shouted, “Ow!”</p>
<p>“Sh!” Raymond hissed.</p>
<p>The two of them squeezed into the small window of the caretaker’s cupboard.  This time, it was Raymond who lost his balance and toppled over a broom.  The broom made a loud noise as it fell on the floor.</p>
<p>“Raymond, be quiet!” Sarah joked.</p>
<p>Her friend groaned.</p>
<p>They approached the teachers’ room on tiptoe (no more loud incidents).</p>
<p>“Wait, why are we going to the teachers’ room?” Raymond whispered.</p>
<p>He paused.</p>
<p>“Is that the rustling of paper I hear?  Do you have another cheating test, Sarah?”</p>
<p>“No, it’s a letter to the teacher.  I am asking him to make me take the test again.”  She took it out to show him.</p>
<p>“Fine.”</p>
<p>In the teachers’ room, they quickly found the math teacher’s locker.  Sarah had guessed correctly.  The tests were all there.</p>
<p>“You got a seventeen out of twenty, Raymond,” she said as she looked through the pile of tests.  “And—so did I!  I didn’t get a bad score after all!”<br />
“So you don’t need this letter after all!”</p>
<p>“I guess I don’t!” Sarah said happily.</p>
<p>“Does this mean we came all this way for nothing?”</p>
<p>“No.  It was still a nice adventure, right?”<br />
“Yes, it was.”</p>
<p style="text-align: center;"><em>The end</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Texte produit en atelier d&#8217;écriture à distance &#8211; vacances de Toussaint 2023</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/texte-produit-en-atelier-decriture-a-distance-vacances-de-toussaint-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Oct 2023 14:41:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Antonin, 13 ans La réception des Witchson   J’attends, depuis deux bonnes minutes, enfin peut-être cinq minutes ou un quart d’heure. Non, non ! Cela faisait déjà un jour ou deux… non une semaine, peut-être un mois, un an, deux ans, trois ans ? Non ! Un siècle ? Devant cette tour, la tour, l’horloge déréglée. J’attends, j’attends. [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://thebreak-experience.com/texte-produit-en-atelier-decriture-a-distance-vacances-de-toussaint-2023/">Texte produit en atelier d&rsquo;écriture à distance &#8211; vacances de Toussaint 2023</a> est apparu en premier sur <a href="https://thebreak-experience.com">The Break à Paris</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Antonin, 13 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>La réception des Witchson</b></h3>
<p><em> </em></p>
<p><em>J’attends, depuis deux bonnes minutes, enfin peut-être cinq minutes ou un quart d’heure. Non, non ! Cela faisait déjà un jour ou deux… non une semaine, peut-être un mois, un an, deux ans, trois ans ? Non ! Un siècle ? Devant cette tour, la tour, l’horloge déréglée. J’attends, j’attends. La mort, j’attends la mort</em>.</p>
<p>Cette phrase résonna dans l’esprit de Lili, comme si elle surgissait d’un océan noir et sans forme, un vieux souvenir ? Elle reprit conscience, pendant un moment, elle crut que son esprit s’était arrêté comme noyé dans ses propres pensées. Mais, elle était là, dans la salle de réception de ses géniteurs. Elle observait minutieusement chaque invité, elle tendait l’oreille pour saisir chacun de leurs propos. À la fin de la soirée, elle serait sûre de connaître les vies ennuyeuses de cent vingt-trois personnes. Lili balayait la salle du regard mais visiblement, il n’était pas encore arrivé. En attendant, elle se plaisait dans la contemplation de l’immense peinture, exposée sur l’un des murs du prétoire. Cette fresque guerrière représentait l’un des moments clé de la <em>Guerre Magique d’Europe</em>. Le tableau intitulé <em>Le Siège de Londres</em>, reprenait l’un des évènements décisifs de cette guerre. Son ancêtre Karl Witchson aurait participé à cette bataille au côté de l’Impératrice Marie 1<sup>ère</sup>.</p>
<p>Elle fût cependant sortie de ses réflexions par un violent tapotement sur son épaule. C’était Carlo, le majordome de sa famille. Malgré ce qu’on pourrait penser, en voyant sa taille, deux mètres quatre-vingt-dix-huit pour être précis, sa carrure impressionnante et ses poils qui le faisaient ressembler à un animal sauvage plus qu’à un homme, il restait très enfantin. On pouvait lui faire croire ce qu’on voulait. Il ne pouvait pas mentir. Ce n’est pas qu’il ne savait pas, c’est qu’il ne pouvait pas. Le pauvre n’était pas gâté, mais elle l’aimait bien, Carlo.</p>
<p>&#8211; Lady Witchson, la famille Philister est arrivée, votre père vous attend, informa-t-il de sa voix rauque.</p>
<p>&#8211; Merci de m’avoir prévenue, Carlo, répondit-t-elle, en essayant de cacher sa joie. Elle allait enfin retrouver Az, son ami d’enfance et aîné de la famille Philister. Se dirigeant rapidement vers le couloir principal, elle croisa d’ailleurs Miss Nanashky, une vieille bonne femme, aussi grossière que stupide toujours accompagnée de sa voyante, elle-même toujours accompagnée par ses bibelots magiques. Enfin magiques, c’est une question de point de vue. Lili se dépêcha de traverser le couloir principal où patientait aussi Johan Wulferberg, le scientifique dont son paternel était le mécène. Il paraissait inquiet et mélancolique, il était tout le temps comme ça.</p>
<p>Enfin arrivée à l’entrée, elle aperçut Az. Mais celui-ci était discret à côté de son père, Azaël Philister, qui portait d’ailleurs toujours le même chapeau haut-de-forme, et son costume toujours aussi propre et classieux. Azaël était un homme beau même avec la griffure qui s’étendait de son coup à son visage, qui selon les ragots était le stigmate du combat l’opposant à un dragon lors de son voyage au Pays de Galle. Derrière Azaël, Azazel son fils, qu’elle surnommait depuis l’enfance Az, qui, bien qu’ayant hérité des mêmes traits physiques et du goût pour l’aventure de son père, était aussi paresseux que sa mère (enfin c’est ce que raconte son père). Personne n’a jamais connu la mère d’Az à Port-Cornu. Avec sa petite tête rousse on apercevait aussi Samaël que tout le monde appelait Sam, le fils adoptif de Sir Azaël. Lili remarqua que ses parents parlaient depuis un moment au père d’Az. Profitant d’un court silence, le petit Sam dit :</p>
<p>&#8211; Père, puis-je amener mon esclave ? demanda-t-il de sa voix innocente. Mais son père aperçut Lili qui venait juste d’arriver.</p>
<p>&#8211; Ma chère Lili ! Sir Azaël était le seul adulte qui l’appelait par son surnom qu’elle préférait largement à son nom complet, Lilith. Comment vas-tu ?</p>
<p>&#8211; Je vais très&#8230; essaya-t-elle de répondre.</p>
<p>&#8211; Elle va très bien, n’est-ce pas ma chère ? dit sa génitrice, dont le sport préféré était de couper la parole de Lili et de parler à sa place, chose qui avait le don de passablement l’énerver. Elle hocha la tête, en signe d’acquiescement, sachant pertinemment qu’elle n’allait pas la laisser placer un petit oui dans la conversation. Ses yeux se sont alors levés pour rencontrer ceux de Az. Cela faisait presque six mois qu’elle ne l’avait pas vue. Quand le géniteur de Lili dit :</p>
<p>&#8211; Venez, ne rester pas debout, dit-il de son ton formel.</p>
</div>
</div>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8087 size-medium alignleft" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/10/Photo-salle-reception-alessia-cocconi-vf8vmRXy3Jk-unsplash-1-225x400.jpg" alt="" width="225" height="400" /></em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Textes produits en atelier d&#8217;écriture &#8211; juillet-août 2023</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-atelier-decriture-juillet-aout-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Sep 2023 21:03:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Emma, 14 ans Détenus   J’observe autour de moi. En face de moi, il y a des jumeaux. Un garçon et une fille. Le garçon porte des vêtements simples, et tient dans ses mains un téléphone, sans pour autant le regarder. La fille, elle, customise tous ses vêtements, est en train de coller des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Emma, 14 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Détenus</b></h3>
<p><em> </em></p>
<p>J’observe autour de moi.</p>
<p>En face de moi, il y a des jumeaux. Un garçon et une fille.</p>
<p>Le garçon porte des vêtements simples, et tient dans ses mains un téléphone, sans pour autant le regarder. La fille, elle, customise tous ses vêtements, est en train de coller des badges sur son sac à dos. Ils sont tous les deux blonds, aux yeux verts, les joues parsemées de taches de rousseurs.</p>
<p>Plus tard, c’est la surprise qu’ils exprimeront exactement en même temps, la voix de la fille légèrement plus aiguë que celle de son frère.</p>
<p>A ma gauche, il y a une femme. Elle est rousse ; ses cheveux sont courts et lui arrivent aux épaules. Elle semble ennuyée. Quand elle parle, on dirait qu’elle vient de se réveiller.</p>
<p>A ma droite, il y a un homme. Âgé, brun, portant une chemise rouge, les yeux rivés sur son téléphone. Quand l’homme parle, sa voix neutre et grave emplit toute la pièce.</p>
<p>C’est à ce moment-là que je remarque des plaques, avec leurs prénoms. La femme rousse se nomme Clara, l’homme Dave. Et les jumeaux, Charles et Maëlys.</p>
<p>Je me lève, et je vais voir les deux seules personnes de mon âge dans cette pièce, les jumeaux.</p>
<p>Je m’approche et je dis :</p>
<p>&#8211; Salut, je m’appelle Zeïla. Heu, vous savez pourquoi on est ici ?</p>
<p>Les jumeaux me regardent et le garçon, Charles, dit :</p>
<p>&#8211; On ne sait pas…</p>
<p>&#8211; On nous a juste demandé de venir ici, dit sa sœur, ne quittant pas des yeux son ouvrage.</p>
<p>Charles me sourit et son geste me détend. Je le lui rends.</p>
<p>Leur façon de parler me fait rire, c’est très comique à entendre, on dirait qu’ils partagent le même cerveau.</p>
<p>&#8211; Et, hum, sans vouloir être indiscrète, vous parlez tout le temps comme ça ?</p>
<p>Cette fois c’est juste Maëlys qui me répond, levant les yeux vers moi :</p>
<p>&#8211; Ça nous amuse et ça désespère les adultes ! Surtout à l’école, mais si tu veux, on peut parler « normalement » (elle fait des guillemets avec ses doigts).</p>
<p>&#8211; Ou alors on fait comme d’hab, lance Charles, les yeux rivés sur nous.</p>
<p>Je hausse les épaules. Mais je suis contente, au moins je ne suis plus seule.</p>
<p>Soudain, une porte s’ouvre à la volée et je cours regagner ma chaise.</p>
<p>Une femme entre. Elle est grande, blonde, et a un air sévère.</p>
<p>Elle se place au milieu de nous tous. Dave range enfin son téléphone et Clara relève la tête, intriguée.</p>
<p>&#8211; Bien, bonjour à tous, dit la femme. Comme vous le savez, ou pas, ce n’est pas par hasard si vous êtes ici. Il va falloir que vous soyez réactifs à ce que vous allez entendre.</p>
<p>Je n’écoute plus, perdue dans mes pensées. Qu’est-ce qu’on peut bien attendre de moi ? Et pourquoi ? Nos vies sont-elles en jeu ?</p>
<p>&#8211; J’ai capturé un membre de votre famille à chacun et pour les retrouver vivants, vous allez devoir m’écouter.</p>
<p>Cette phrase me glace le sang et me ramène immédiatement à la réalité.</p>
<p>Je reste sous le choc, bouche ouverte.</p>
<p>Une rage inhumaine s’empare de moi et j’ai envie d’étrangler cette femme. Comment peut-elle nous dire ça si calmement ?!</p>
<p>Je regarde les autres.</p>
<p>Dave marmonne des propos incompréhensibles, la tête dans les bras. Clara, soudainement réveillée, se rue sur son téléphone et je l’entends murmurer : la police, il faut appeler la police !</p>
<p>Mais la femme le lui prend avec une rapidité assez incroyable et le range dans sa poche.</p>
<p>Maëlys est en larmes, et Charles est sous le choc, comme moi, et sans doute en colère.</p>
<p>Malgré tout un doute s’insinue en moi et je me sens ridicule d’avoir agi comme ça.</p>
<p>Je dis :</p>
<p>&#8211; Et comment être sûrs que vous nous dites la vérité ?</p>
<p>Silence. La femme ne dit rien. A partir de ce moment-là, elle exige beaucoup de nous.</p>
<p>Nous avons découvert que cette femme, qui se nomme Mathilde, a déjà tout prévu et souhaite que chaque jour l’un de nous aille en ville avec un objectif précis. Et si on ne le fait pas, nous ne reverrons plus jamais nos proches.</p>
<p>Quand ça a été au tour de Clara de partir pour la ville, Mathilde nous montre sur un écran des vidéos de nos proches prisonniers, via une caméra de surveillance.</p>
<p>Mes parents étant morts dans un accident de voiture c’est ma tante que je vois emprisonnée.</p>
<p>Pour Clara, c’est son neveu. Pour David, son père. Et pour les jumeaux, c’est leur mère.</p>
<p>Dès que nous avons vu nos proches ligotés, nous avons tous pleuré, et nous lui avons obéi, craignant pour la vie de nos proches.</p>
<p>Les uns après les autres, nous avons maintenant effectué nos « missions ». Elle nous amène devant une porte noire. La porte s’ouvre dans un grincement. En file indienne, on avance tous prudemment, dans une pièce sombre, les mains devant nous pour ne pas nous cogner.</p>
<p>Une lumière vive s’allume brusquement, nous aveuglant pendant quelques minutes.</p>
<p>Une fois mes yeux habitués à la lumière je découvre enfin la pièce. C’est la même qu’au début.</p>
<p>Je souffle et avance vers le milieu. C’est fini ? Après tout ce qu’on a fait, c’est vraiment fini ?</p>
<p>Je me tourne vers Mathilde, debout dans l’encadrement de la porte et demande :</p>
<p>&#8211; Où sont-ils ? Vous nous avez promis que dès que tout cela serait terminer, nous pourrions les revoir !</p>
<p>Je serre les dents. Dave lance :</p>
<p>&#8211; Elle a raison, la gamine ! Alors ?</p>
<p>Clara, qui ne parle pas beaucoup, s’approche de Mathilde. On peut lire de la colère dans ses yeux, et un peu d’incompréhension.</p>
<p>&#8211; Attendez, on a fait plein « d’épreuves » à la noix, on a traversé toute la ville et vous…, commence Charles, mais il perd ses moyens et c’est Maëlys qui termine :</p>
<p>&#8211; Vous nous aviez promis et on a été bête, très bête.</p>
<p>Je suis totalement d’accord avec eux ! Il faut que tout cela cesse, et maintenant.</p>
<p>On avait perdu suffisamment de temps comme ça.</p>
<p>Mathilde ne dit rien et nous regarde tous, et j’ai très envie de la gifler.</p>
<p>&#8211; Je sais ce que vous ressentez…</p>
<p>&#8211; MENTEUSE ! hurlent Charles et Maëlys.</p>
<p>&#8211; Mais c’est faux. Tout est faux. Vos proches ont fait exprès.</p>
<p>Complètement abasourdie je titube jusqu’à tomber sur une chaise. Comment ? Pourquoi ? Pourquoi ?</p>
<p>Clara gifle Mathilde. Tout le monde retient son souffle. Mathilde ne réagit pas. Lentement, elle s’approche du sol, prend un seau posé sur une chaise et renverse son contenu par terre.</p>
<p>Sous nos yeux ébahis, des lettres apparaissent. Rouges. Comme le sang.</p>
<p>Ma respiration se bloque, je suffoque et me lève brusquement, si brusquement que ma chaise tombe par terre.</p>
<p>Le regard rivé sur le sol, je déchiffre le message :</p>
<p><strong><em>La vérité peut aussi être le mensonge </em></strong></p>
<p class="Standard">
</div>
</div>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-7976 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/09/Photo-Seau-jeff-kingma-ND-5eIFKeiM-unsplash-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></em></p>
<h6 class="thin-font">Photo : Jeff Kingma sur <span class="s1" data-line-height="xs">Unsplash</span></h6>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><em>? Leia, 12 ans</em></p>
<p>Dans l’assemblée se trouvent toutes les personnes de l’organisation. Je les regarde une à une, en commençant tout d’abord par mon amie, Ashley. Une femme élancée aux cheveux soyeux qui tombent en cascade sur son dos, ses yeux verts pétillants dégagent une lueur étrange ces derniers jours. Habillée d’un simple jean et d’un pull gris, elle se fond dans la masse. J’observe alors Owen, un homme très grand (environ un mètre quatre-vingt dix). Lui aussi est vêtu simplement aujourd’hui, comparé aux autres jours où il portait des vêtements colorés à en perdre la vue. Il a une belle peau mate, des yeux d’un noir profond et une expression fermée qui nous donne la chair de poule. William prend alors la parole. Ses cheveux bruns sont toujours plaqués en arrière, lui donnant un air de trentenaire avant l’heure. Avec en plus de cela une chemise et un pantalon de costard, ce qui le rend encore plus vieux. Il se tient droit et articule particulièrement bien son petit discours.</p>
<p>Mais cette prise de parole est interrompue par la venue des frères jumeaux, Lewis et Evans, qui entrent en trombe dans la pièce avant que Lewis vocifère, fou de rage :<br />
-Je peux savoir ce que vous faites dans mon bureau !? Je vous signale que vous en avez un pour chacun d’entre vous !<br />
William fait volte-face avant de lui répondre froidement :<br />
-On prévoit un plan contre l’organisation ennemie si cela t’intéresse. Vous pouvez vous joindre à nous si vous le souhaitez…<br />
-On en a déjà fait un il y a de cela deux jours. C’est un non catégorique donc dégagez de là maintenant, répond Lewis encore plus furieux qu’avant.<br />
Mais son frère n’est pas du même avis et le lui fait savoir d’une tape sur l’épaule avant de le lui chuchoter.<br />
Contre toute attente, ils s’assoient à leurs tours sur les fauteuils face à nous, l’un affichant une mine révoltée et l’autre une mine victorieuse d’avoir vaincu son frère.<br />
-Je te préviens, William. Si tu te fiches de moi, oublie le lien de sang qui nous unit et prépare-toi à mordre la poussière, rétorque une dernière fois Lewis en croisant les bras sur son torse.<br />
La principal intéressé lui offre un sourire intimidant avant de reprendre la parole.</p>
<p>J’observe Lewis avec beaucoup d’attention. J’avais découvert un secret dont je ne connaissais pas l’existence jusqu’à aujourd’hui. Je décide de me lancer en commençant par une simple question :<br />
-Comment êtes-vous devenus ennemie avec l’organisation voisine alors qu’il y a trois ans, vous étiez alliés à eux ?<br />
Un silence de mort envahit la pièce, créant une tension des plus palpables. J’attends patiemment une réponse avec un sourire innocent. Mais aucune ne vient. Impatiente, je pose brutalement un classeur rempli de feuilles que je cachais dans mon sac depuis un petit moment, avant d’annoncer :<br />
-Voici le dossier comportant la mort de vos parents, les Rogers. Photos, témoignages, casiers judiciaires, preuves, tout y est.<br />
Owen et Ashley écarquillent les yeux tellement la révélation est choquante tandis que William et Evans baissent honteusement la tête. Tous sauf Lewis qui attend que je termine mon discours. Je remarque alors que seule la famille Roger est au courant de la situation.<br />
-Je vais vous faire un petit résumé, dis-je en m’adressant à mes amis, tout s’est passé le soir du 24 Novembre. La mère de Lewis venait d’accoucher de son septième enfant. Mais pendant que les parents discutaient de l’héritage, Lewis, caché derrière eux, entendit une phrase qui ne le laissa pas indifférent : « Nos enfants sont trop sentimentaux, cela les rendent faibles. S’ils arrivaient à tuer leurs géniteurs, ils seraient prêts à diriger notre organisation ». Après qu’il eut écouté cette conversation, alors que toute la maison dormait, il massacra ses parents sans pitié.</p>
<p>Pour preuve, je sors une photo où sont représentés les corps inertes de leurs parents et la jette sur la table. Mes amis sont les premiers à l’inspecter, complètement bouleversés. Pendant ce temps, je regarde le meurtrier de l’affaire qui a changé d’attitude. La mâchoire contractée, il serre les dents pour ne craquer et exploser mon crâne d’une balle entre les deux yeux. Il me fusille du regard, prêt à me trancher la gorge. Au même moment, Owen se tourne vers lui et lui dit, ahuri :<br />
-Pourquoi as-tu fait cela, Lewis ?<br />
Un rire jaune s’échappe des lèvres du jeune meurtrier, avant qu’il rétorque :<br />
-De toute façon, qui se souciait de moi à l’époque ?</p>
<p>Soudainement, des détonations de balles fusent dans l’air et la seconde suivante, les baies vitrées éclatent en mille morceaux laissant les projectiles entrer à l’intérieur du bureau.<br />
-À TERRE ! hurle Evans en se jetant au sol emmenant son jumeau dans sa chute.<br />
Nous suivons son ordre en nous mettant à terre, nous blessant au passage par les bouts de verre. Nous restons ainsi pendant plusieurs minutes avant de remarquer un point rouge clignoter de plus en plus vite dans un bruit de compte à rebours. Je cède à la panique. C’est une bombe.<br />
-Il faut sortir de là ! MAINTENANT !</p>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-7984 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/09/Photo-the-blowup-C3tKTlojSKg-unsplash-300x400.jpg" alt="" width="300" height="400" /></em></p>
<h6 class="p1 thin-font"></h6>
<p>Sur ce, je sors suivie de mes compagnons. Lorsque le dernier quitte le bureau, le bruit d’une explosion nous assaille comme un ouragan, nous faisant projeter en arrière. Je tombe lourdement au sol, remarquant à ma grande surprise que le hall est entièrement saccagé. Les vitres sont brisées, les décorations parties en fumée, les corps des employés inertes et les détonations qui continuent de me rendre folle. La respiration saccadée, mes muscles refusent de bouger tant que les balles n’ont pas arrêté de voler dans tous les sens. Ma vue s’embue, me faisant voir trouble. Je déteste le bruit des détonations. Soudain, le bruit se couvre d’une enveloppe artificielle, me couvrant l’ouïe d’une protection. Une pression inhabituelle me frappe de plein fouet. Je tapote dessus et découvre la présence d’un casque anti-bruit sur ma tête. Mon angoisse et ma panique s’envolent aussitôt. Je fonce tout droit vers la sortie de secours qui se trouve à l’autre bout du QG. Les autres me suivent sans broncher. L’inquiétude de se prendre un projectile en pleine tête peut rendre fou les plus calmes. Mais au moment où nous passons la porte, mon sang se glace complètement. Des hommes se tiennent là, armés jusqu’aux dents, tatoués de la tête aux pieds et nous fixant froidement. L’un d’entre eux est visiblement le chef, normal avec sa carrure imposante et son regard d’acier à en avoir la chair de poule.<br />
-Comme on se retrouve, mes chers Rogers. Me reconnaissez-vous ? Dit-il d’une voix profonde.<br />
Cet homme est clairement flippant avec sa cicatrice qui commence au niveau de son sourcil droit et qui termine sa course sur sa joue gauche. Ce qui lui a couté son œil droit.<br />
-Pas besoin de savoir qui tu es, on te reconnait même à quatre-cents kilomètres d’ici, répond l’aîné sur le même ton.<br />
L’homme rit puis pose subitement son regard sur moi. Je tressaille. Il fait vraiment peur.<br />
-Une femme qui a peur des balles. Décidément, on aura tout vu chez vous…<br />
Mon sang ne fait qu’un tour, comment ose-t-il dire cela alors que son organisation est remplie de brutes assoiffées de pouvoir ?<br />
Avec le reste de sang froid que j’ai, je dégaine mon arme et vise son front qui est à découvert.<br />
-Je vous déconseille de vous moquer de moi… Soufflé-je en serrant des dents.<br />
Il m’imite et me répond d’une voix qu’il voulait impassible, mais sans succès :<br />
-Pareil pour vous, Mademoiselle Cooper…</p>
<p>Ma mâchoire est à deux doigts de se décrocher tant la stupéfaction me rend confuse. Comment connait-il mon nom ?<br />
Je le lui fait remarquer et il me rétorque d’un ton enjoué, presque euphorique :<br />
-Je connais des choses que personne ne connait de toi, Megan.<br />
Sans hésiter une seconde, je tire une seule balle qui me fait basculer en arrière sous l’envoie de celle-ci. Une odeur de poudre m’agresse les narines me donnant l’horrible sensation d’avoir fumé alors que je ne l’ai jamais fait.<br />
L’impact de l’obus arrive à quelques millimètres de son oreille. Raté. Pourtant, je n’ai jamais manqué une seule de mes cibles.<br />
Je regrette instantanément mon acte lorsque des balles volent dans l’air, créant des impacts dans les murs derrière nous.<br />
Mes compagnons sortent eux aussi leurs armes et prennent pour cible les ennemis. Je n’entends toujours rien mais j’ai parfaitement conscience de la situation qui est tout simplement périlleuse. Je les imite, tirant sur tout ce qui bouge en prenant la peine de vérifier si je vide mes cartouches sur un antagoniste et pas un de mes alliés.<br />
Du sang gicle, décorant le paysage de sa couleur écarlate sur les murs. Les corps gisant sur le sol me font hausser des sourcils. Pour des brutes, ils ont l’air plutôt inoffensifs… Je m’aperçois alors que leur leader n’est pas parmi eux et observe attentivement les alentours jusqu’à le trouver. Il est bien amoché. Une énorme plaie traverse son ventre, faisant couler une marée de sang sur le béton pendant qu’il en crache, près à vomir ses tripes. Cela me semble tellement simple que je me mets à douter sur ce qui se passe… Je vois que tout le monde discute de quelque chose mais impossible de comprendre à cause de mon casque. Je l’enlève et entends les cris de rage du chef ennemi qui est sur le point d’agoniser. Je vois quelqu’un devant l’homme, je plisse des yeux pour le scruter de plus près et reconnais la carrure imposante de Lewis, un couteau dans la main. Une atmosphère pesante s’installe autour de nous. Brusquement, la sonnerie de mon téléphone retentit dans toute la zone me faisant sursauter violemment. Je décroche et chuchote un « allô » gêné, sans vérifier le nom du contact.<br />
-Rentre chez toi maintenant. La première étape est terminée, Narcisse…<br />
Intérieurement, un sourire narquois étire mes lèvres mais extérieurement, j’affiche tant bien que mal une expression apeurée. Je raccroche et annonce la «mauvaise» nouvelle.<br />
-J’ai un mauvais pressentiment. Il faut retourner immédiatement chez nous. Quelque chose se trame…<br />
Quelques minutes plus tard, nous arrivons devant la maison qui est visiblement éteinte de toute vie et de lumière. Nous entrons dans le hall, pistolet en main. Le silence règne de toute sa splendeur, nous angoissant encore plus que nous ne le sommes déjà. Doucement mais sûrement, je recule à pas de loup le plus possible quand soudain, une main inconnue me bâillonne pendant que je me débats furieusement, alertant mes amis. Ces derniers font aussitôt volte-face près à tirer. Mais ils baissent leurs armes lorsqu’ils voient la position dans laquelle je suis. Casque sur les oreilles, impossible d’entendre quoi que ce soit. Puis je vois un trou noir, troublant l’entièreté de ma vision.</p>
<p>J’avais réussi mon plan à la lettre. Que le vrai combat commence…</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Marie-Camille, 15 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>La plage</b></h3>
<p><em> </em></p>
</div>
</div>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-7988 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/09/Photo-plage-filip-mroz-fOTzSurlHhA-unsplash-320x400.jpg" alt="" width="320" height="400" /></em></p>
<p class="Corps1">Aujourd’hui, Colette, Jacques et moi avons décidé d’aller à Deauville pour être près de la mer et profiter du beau temps si rare dans la région. J’ai emporté mon appareil photo pour pouvoir photographier ces paysages non-urbains. Nous arrivons à la plage quasi déserte. Seuls quelques pêcheurs bordent les flots paisibles. Nous posons notre bidon d’eau et nos quelques provisions à notre emplacement favori. Colette me sourit. Il fait beau. C’est la journée idéale pour une baignade. Colette s’allonge sur <span class="Aucun">la</span> plage de sable fin. Ses cheveux s’entremêlent dans la force du vent. Soudain, elle se met à tousser. Elle s’agite par terre, haletante, frémissante, vomissant son repas matinal. Puis, d’un coup, elle s’arrête. Elle est figée, et Jacques se penche, inquiet. Je prends alors un cliché et j’accours, observant le corps inanimé de Colette.</p>
<p class="Corps1">– Jacques, demandai-je, connais-tu la procédure de réanimation ?</p>
<p class="Corps1">Il secoue la tête. Je lui demande de se décaler et je prends le pouls de Colette. Son cœur bat. Elle vit. Je place ma main sur sa bouche et sens l’air chaud qui en découle. Elle respire. Je m’écarte.</p>
<p class="Corps1">Au bout d’un moment, ses paupières s’ouvrent. Elle se relève, tourne la tête et sourit.</p>
<p class="Corps1">– Merci.</p>
<p class="Corps1">Je l’aide à se mettre debout et nous continuons la journée jusqu’à ce que nous nous épuisions et que nous décidions de rentrer.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<div class="elementor-element elementor-element-7c43441 elementor-widget elementor-widget-heading" data-id="7c43441" data-element_type="widget" data-widget_type="heading.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><em>? Rebecca, 12 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Découverte</b></h3>
<p>Ding ! La porte s’ouvre. Mes yeux sont éblouis. La pièce est baignée de lumière. Les gens sont bien assis dans un fauteuil de velours turquoise, par ici, par là. L’ambiance pourrait être zen grâce aux multiples plantes installées un peu partout mais le brouhaha est tellement fort que c’est impossible. Un monsieur moustachu joue au solitaire, en même temps que de fumer une cigarette et de lire son journal. Une dame au long manteau rose fluo s’approche de Myla et moi. Elle caresse de ses longs doigts la crinière du chat de ma copine, Lion.</p>
<p>&#8211; Bienvenue Mesdemoiselles, voulez-vous quelque chose à boire, à manger, un coussin ou une couverture ?</p>
<p>&#8211; Ça va pour le moment, merci ! Ou si, attends ! Je veux bien un ice-tea !!!</p>
</div>
</div>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-7998 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/09/Photo-solitaire-gerson-repreza-5hHeyBFLrso-unsplash-533x400.jpg" alt="" width="533" height="400" /></em></p>
<p>Mon amie doit toujours répondre par un NON catégorique avant de dire oui. C’est comme ça. En tout cas, je comprends mieux pourquoi elle se trouve dans son élément ici. Elle aussi est un peu spéciale. Elle se promène avec Lion, un faux lion (c’est juste un chat déguisé). Pour en rajouter, elle s’est fabriqué des cornes en plastique. Question héritage, des dents de vampire de son père et un miroir qui  montre l’âme de sa mère. Dit comme ça, elle est terrifiante mais en vrai elle n’est pas méchante. Aujourd’hui c’est son anniversaire et elle a insisté pour m’amener au « parc d’attractions pour vieux » où elle joue au solitaire tous les samedis à 14h43 précise. Et me voici !!!</p>
<p>&#8211; Lyla ! Viens, je vais te présenter tout le monde !</p>
<p>Lyla c’est moi. On s’appelle presque pareil, je sais ! Mais on aime bien. Je la suis, intimidée par tous les regards qui me fixent et me jugent.</p>
<p>&#8211; Voici Mister Bière. Il s’appelle comme ça parce qu’il boit de la bière même au petit-déj.</p>
<p>&#8211; Enchantée, je… je… Bref, moi c’est Lyla.</p>
<p>Il me lance un regard noir. Myla, gênée, me prend à l’écart.</p>
<p>&#8211; Ici, ça ne fonctionne pas comme ça, tu n’es pas à l’école ! Pour te présenter, il suffit de lever les yeux vers les nuages.</p>
<p>Je la dévisage. J’hallucine.</p>
<p>Elle m’entraîne vers un groupe de gens. Dans ma tête, je me répète, lever les yeux vers les nuages, lever les yeux vers les nuages, lever les yeux vers les nuages… Je m’approche et lève les yeux. Ils font de même. Soulagée, je continue les présentations. Après 30 minutes, je réclame une pause aux toilettes. J’entre me rafraichir le visage quand soudain j’entends que quelqu’un m’enfermer à l’intérieur. Je me précipite vers la porte mais rien à faire.</p>
<p>De chaudes gouttes coulent sur mes joues. Je pleure. Assise sur les genoux, dans un coin, je continue de déverser mes larmes. Ma tristesse se mêle de colère, puis de rage. J’en ai marre, je n’en peux plus. La partie diable de mon corps s’échappe, fuit, existe. Je ne la retiens pas et la laisse sortir. Je cris. J’hurle.</p>
<p>&#8211; Je ne suis pas dans une aire de jeux pour les vieux je suis dans un asile pour les fous !!</p>
<p>&#8211; Et oui, Poupée ! Ils le sont tous un peu ici.</p>
<p>Je ne suis pas seule.</p>
<p>&#8211; Personne ne t’a prévenue que le samedi 31 mars à 15h16, ils ferment la porte des toilettes pour faire un feu de camp devant.</p>
<p>&#8211; Qu…quoi ? Et puis toi, t’es qui ? Enfin… bref ça dure jusqu’à qu’elle heure ?</p>
<p>&#8211; Ça se termine vers 16h45. Et moi c’est Steven, le fils de Mister Bière. Il vient toujours ici et m’emmène avec lui. Je déteste cet endroit, c’est pour ça que je me réfugie dans ces toilettes.</p>
<p>Je suis sur le point de m’évanouir, ou de le gifler, mais sa voix a un tel charme que je suis comme paralysée.</p>
<p>&#8211; Et toi, Poupée, comment tu t’appelles ?</p>
<p>&#8211; Poupée… hmmm non, pas du tout… moi c’est Lyla.</p>
<p>Il se rapproche de moi. Je découvre son visage. Des cheveux bouclés couleur paille, des yeux verts et un nez bien modelé couvert de taches de rousseurs. Tout droit sorti d’un rêve ! Un hématome couvre une grande partie de sa joue gauche. C’est une magnifique tempête de couleurs, un vrai spectacle pour les yeux. Du bleu, du violet, du noir se mélangent. Peut-être s’était-il battu ? Était-il courageux ? Surement ! Il m’attrape la main, sort son téléphone et prend un selfie. Surprise et rassurée, je lui fais confiance. Je remarque qu’il cligne souvent de l’œil droit.</p>
<p>Il m’entraîne. Il danse. Je l’accompagne .</p>
<p>Je commence à me sentir chez moi ici. Peut-être suis-je un peu folle moi aussi, mais alors à ma manière.</p>
<p>J’aime ça et je suis fière de l’être !</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
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<p><em>? Emma, 13 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b><br />
Le cercle de parole</b></h3>
<p>La salle était mal éclairée. Je m’assis sur le dernier siège vide, à côté de la fenêtre.</p>
<p>A ma droite il y avait une femme aux cheveux bleu électrique. Elle portait une veste en cuir noir et des têtes de mort en guise de boucles d’oreilles. Elle se tenait droite et avait un air austère. J’imaginais sa voix rauque et grave mais, lorsqu’elle prit la parole, je fus étonné du contraire. En effet, elle avait une voix aux aspects mélodieux et un léger accent italien.</p>
<p>A côté d’elle se tenait un vieil homme d’allure très âgée, étant donné ses habits et le fait qu’il ne semblait pas comprendre la raison de sa venue. Il avait l’air déconcerté, avec ses cheveux quasi-inexistants et ses dents en avant. Il s’exprimait d’une voix rapide et aigüe et s’agitait dans tous les sens.</p>
<p>A sa droite se tenait un grand homme, les bras couverts de tatouages. Il essayait tant bien que mal de se tenir droit malgré sa masse corporelle. Il faisait bien deux mètres, mais il semblait ne pas pouvoir faire de mal à une mouche et parlait d’une voix tranquille.</p>
<p>Malgré cela, la fillette rousse assise à côté de lui semblait clouée de peur. Elle avait des yeux doux et semblait aussi fragile qu’une poupée de porcelaine. Ses cheveux semblaient voleter derrière elle comme des fils d’araignée rouge vif. Cependant, elle parlait d’une voix forte et vive dont je fus surpris durant un long moment.</p>
<p><em> </em></p>
</div>
</div>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-8019 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/09/Photo-cheveux-bleus-memento-media-9VJ0aNgJJT8-unsplash-529x400.jpg" alt="" width="529" height="400" /></em></p>
<p>Une fois le cercle de parole terminé, j’allai voir la jeune fille rousse. Elle paraissait ne pas avoir plus de dix ans, ce qui était légèrement contradictoire avec le thème de ce cercle de parole. En effet, j’avais du mal à croire que cette fillette soit venue pour arrêter de fumer… Je m’approchai doucement d’elle et lui demandai :</p>
<p>&#8211; Excuse-moi mais comment t’appelles-tu ?</p>
<p>Elle me regarda avec ses yeux doux et me répondit :</p>
<p>&#8211; Isabelle, pourquoi ?</p>
<p>&#8211; Isabelle, pourquoi es-tu venue dans ce cercle de parole ?</p>
<p>&#8211; Pourquoi, toi, tu es venu ?</p>
<p>Je la regardai un long moment et, après avoir vu une grande innocence dans ses yeux, lui dit :</p>
<p>&#8211; Ce cercle de parole a été créé pour les personnes qui veulent arrêter de fumer… et toi tu ne fumes pas n’est-ce pas ?</p>
<p>Elle écarquilla ses grands yeux bruns et me répondit d’un ton vif :</p>
<p>&#8211; Je me disais aussi que ça n’avait pas vraiment de rapport avec ce que j’étais venue faire…</p>
<p>Puis d’un geste, elle sortit un petit manuscrit sur lequel était écrit « parc d’attraction en intérieur ».</p>
<p>&#8211; C’est bizarre, hein ? dit-elle. Puis voyant mon air déconcerté, elle se mit à rire d’un rire mélodieux et enfantin.</p>
<p>J’appris par la suite que la femme aux cheveux bleus se nommait Alice, qu’elle faisait des études en biologie, et qu’elle était d’origine italienne. L’homme imposant, Maurice, était très renfermé et disait être PDG d’une grande entreprise. Le vieil homme se nommait Henri. Il était magicien, et me l’avait bien fait comprendre à l’aide d’un tour de magie fabuleux. Enfin la petite fille, Isabelle, avait trouvé le prospectus qu’elle m’avait montré dans sa boite aux lettres, et avait décidé de se rendre à l’endroit indiqué. Elle s’était bien sûr rendue compte que ce n’était surement pas le bon endroit, mais avait décidé de rester pour voir les tours de magie d’Henri, ce qui, d’après elle, était mille fois plus amusant que ce soi-disant « parc d’attraction » …</p>
<p>Des jours passèrent, et je me liai d’amitié avec Alice. De toute façon, je n’avais pas le choix, elle était la seule personne avec qui on pouvait parler dans ce lieu, étant donné le fait qu’Isabelle regardait les spectacles de magie d’Henri, tellement occupée à déceler la logique de chaque tour, qu’il était impossible de communiquer avec elle, à moins que l’on aime parler seul… Malgré tout, le fait de parler à cette Italienne punk ne me déplaisait pas pour autant. En effet, elle était douce, attentionnée et très drôle à écouter.</p>
<p>Enfin bref, cette routine se poursuivit durant de nombreuses sessions, puis, un jour, la porte s’ouvrit, laissant apparaitre une nouvelle silhouette dans son encadrement. C’était un homme qui passa la porte au pas de course, semblant ignorer qu’il n’était pas seul dans cette pièce. Tout à coup, les lumières s’éteignirent toutes en même temps et nous entendîmes le nouveau venu pousser un cri de stupeur, trébucher, puis s’affaler par terre dans un craquement sinistre. Les lumières se rallumèrent aussi soudainement qu’elles s’étaient éteintes et la scène qui se dessinait sous mes yeux me fit éclater de rire : l’homme qui avait pénétré dans la salle quelques instants plus tôt, était maintenant affalé sur Maurice, se massant l’arrière du crâne comme pour essayer d’apaiser la douleur d’une quelconque bosse. Lorsqu’il vit Maurice, grognant de rage et affalé sous lui, il se redressa aussitôt, recula brusquement, les yeux écarquillés et, contre toute attente, marcha sur l’un de ses lacets défaits et, après un autre cri de stupeur, se retrouva à nouveau affalé par terre. C’est alors que je le vis plus clairement. C’était un jeune homme qui avait à peu près mon âge. Il avait les cheveux brun clair, mi-longs, les yeux noisette tirant sur le rouge grenat et la peau claire, qui, après qu’il eut remarqué notre présence, était devenue blafarde. Il portait une chemise déchirée aux poignets, un large pantalon bleu marine, et des baskets rouges et blanches. Pendant un long moment où j’essayais tant bien que mal de comprendre la raison de sa venue, je me rendis compte qu’un silence de mort pesait sur la pièce. En effet, je devinais à leur expression que chacun essayait de déceler la raison de sa présence.</p>
<p>Je pense qu’il l’avait remarqué aussi, car il se leva d’un bond. Il nous observa l’un après l’autre et me tendit brusquement la main.</p>
<p>&#8211; Enchanté je m’appelle Edward Brown, officier de police. Vous pouvez m’appeler Mr Brown.</p>
<p>Je regardais sa main avec une incompréhension totale : je ne savais vraiment pas ce qu’un officier de police faisait ici… Soudain, Maurice prit la parole :</p>
<p>&#8211; Si vous êtes vraiment de la police, pourquoi êtes-vous entré ici comme si vous étiez poursuivi, Mr Brown ? dit-il en exagérant sur le dernier mot qu’il avait prononcé.</p>
<p>&#8211; Oh ça ! C’est une longue histoire… bredouilla le jeune homme.</p>
<p>Mais Maurice le regarda d’un air si perçant, qu’il était bien obligé de répondre. Il hésita et dit :</p>
<p>&#8211; Je me suis fait courser par des bandits que je devais arrêter… De toute façon, ce n’est pas important. En vérité, je suis ici pour vous informer que l’enquête a pris fin.</p>
<p>Décidément, cet Edward Brown n’avait pas fini de me surprendre…</p>
<p>&#8211; L’enquête ? répondis-je hébété.</p>
<p>&#8211; Reprenons depuis le début, me répondit-il. N’avez-vous pas remarqué que vous étiez tous là grâce à un courrier postal ?</p>
<p>Nous nous regardâmes tous avec une incompréhension totale. C’était bien mon cas mais j’ignorais que les autres étaient ici pour des raisons identiques… J’avais en effet reçu une lettre par la poste, juste avant mon arrivée, m’expliquant ceci : je devais aller chaque jour dans ce soi-disant « cercle de parole », sans quoi j’aurais droit à la peine de mort. En revanche, si j’y allais comme convenu, l’on m’enverrait un million d’euro par la poste. Rien que ça…  Je devais également dissimuler ma présence ici en me faisant passer pour une simple personne qui voulait arrêter de fumer. Bien sûr je n’avais jamais fumé. Je trouvais l’odeur de la cigarette tout bonnement ignoble et m’était promis que je ne m’en servirais jamais. Cependant je devais jouer le jeu. Isabelle, quant à elle, n’ayant pas l’âge de fumer, s’était vue recevoir une invitation à un parc d’attraction en intérieur.</p>
<p>&#8211; Ha ha ! Eh oui. Tout cela, les lettres, la peine de mort, l’argent, tout cela est une manigance de la police.</p>
<p>Je me mordis les lèvres de désarroi. Je m’en voulais tellement d’avoir été naïf à ce point !</p>
<p>&#8211; Mais alors, nous ne risquions pas la peine de mort ? demanda Henri.</p>
<p>&#8211; Hé non ! Mais je suis d’accord que le motif de la peine de mort était un peu extrême… Je l’ai dit à mon chef mais il m’a dit vouloir faire avancer l’affaire. Personnellement je le soupçonne d’être légèrement sadique…</p>
<p>&#8211; Mais pourquoi avoir fait ça, au final ? répliqua Isabelle.</p>
<p>&#8211; J’y arrive, patiente un peu, tu casses ma mise en scène, petite… dit l’officier. Donc, je reprends. Vous vous demandez sûrement pourquoi la police a manigancé tout ça, n’est-ce pas ? nous dit-il avec un ton qu’il voulait énigmatique.</p>
<p>Remarquant que personne ne lui répondait, il reprit :</p>
<p>&#8211; Et bien tout simplement pour l’arrêter, s’écria-t-il.</p>
<p>&#8211; Qui ça ? demandais-je, étonné.</p>
<p>&#8211; Elle ! répliqua l’officier, un air de victoire brûlant dans ses yeux lorsqu’il pointa le fond de la salle.</p>
<p>Tous nos regards se tournèrent dans cette direction où, à mon immense surprise, se tenait Alice…</p>
<p>&#8211; Mademoiselle Sofia Henderson, vous êtes arrêtée pour cause de nombreux meurtres et tentatives d’assassinats !</p>
<p>Alice sursauta, les yeux écarquillés et le teint blafard. Elle marmonna quelque chose dont je ne compris que « ça devait bien arriver… » et « j’ai été bien naïve… ». Mr Brown s’approcha d’elle, lui mit des menottes, et l’entraina brusquement dehors, où les attendait tout un régiment de soldats entourant un hélicoptère. Abasourdi, je regardais mon amie partir vers cet engin volant, vers l’échafaud, dont le vent provoqué par ses hélices faisait lentement voler ses cheveux de ce bleu si perçant dont j’avais été tellement surpris lorsque je l’avais rencontrée. Il y a une chose dont j’étais sûr, c’est qu’elle était innocente et je comptais bien me battre pour le prouver…</p>
<p style="text-align: center;">
<p>L’article <a href="https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-atelier-decriture-juillet-aout-2023/">Textes produits en atelier d&rsquo;écriture &#8211; juillet-août 2023</a> est apparu en premier sur <a href="https://thebreak-experience.com">The Break à Paris</a>.</p>
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		<title>Textes produits en atelier d&#8217;écriture &#8211; 10 juillet 2023</title>
		<link>https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-atelier-decriture-10-juillet-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[The Break]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jul 2023 10:14:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ecrits stagiaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>? Ismaël, 14 ans Colocation   Guizmo entra dans sa nouvelle maison. Elle était vraiment petite, avec la pièce principale contenant deux lits et une porte au fond qui abritait une douche et des toilettes. Guizmo était un grand métisse au crâne rasé avec des abdos en acier. Il portait une combinaison orange. Son nouveau [&#8230;]</p>
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<p><em>? Ismaël, 14 ans</em></p>
<h3 style="text-align: center;"><b>Colocation</b></h3>
<p><em> </em></p>
<p class="Standard">Guizmo entra dans sa nouvelle maison. Elle était vraiment petite, avec la pièce principale contenant deux lits et une porte au fond qui abritait une douche et des toilettes. Guizmo était un grand métisse au crâne rasé avec des abdos en acier. Il portait une combinaison orange. Son nouveau colocataire était déjà là. C&rsquo;était un vieil homme dont la barbe descendait jusqu&rsquo;à la moitié de son ventre et ne faisait plus qu&rsquo;une avec ses cheveux. Il ressemblait à un naufragé. Il portait lui aussi une combinaison orange.</p>
<p class="Standard">-Salut, le nouveau. Comment tu t&rsquo;appelles ?</p>
<p class="Standard">-Guizmo.</p>
<p class="Standard">-Tes parents ne t&rsquo;aimaient pas, Guizmo. T&rsquo;es là pour combien de temps ?</p>
<p class="Standard">-Cinq ans.</p>
<p class="Standard">-Et tu vivais de quoi avant de venir ici ?</p>
<p class="Standard">-Ça te regarde pas.</p>
<p class="Standard">-Si tu le prends comme ça&#8230;</p>
<p class="Standard">Guizmo rejoignit son lit. Les deux hommes attendirent une heure, puis quelqu&rsquo;un toqua à la porte. Le vieil homme se leva et la porte s&rsquo;ouvrit. Il prit un paquet qu&rsquo;on lui tendait et rentra.</p>
<p class="Standard">-Voilà le repas, annonça-t-il.</p>
<p class="Standard">-Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ?</p>
<p class="Standard">-Du gruau. Tu aimes ça ?</p>
<p class="Standard">-Tu plaisantes, j&rsquo;espère ?</p>
<p class="Standard">Le vieil homme rigola puis lui donna sa part. Ils mangèrent en silence.</p>
<p class="Standard">-D&rsquo;ailleurs, vieil homme, tu ne m&rsquo;as pas dit ton nom.</p>
<p class="Standard">-Je te le dirais si tu me racontes pourquoi tu es ici.</p>
<p class="Standard">-Ce n&rsquo;est pas très équitable, mais c&rsquo;est d&rsquo;accord. J&rsquo;ai pris cinq ans pour trafic de drogue. Ça marchait bien, j&rsquo;étais devenu le dealer local. Jusqu&rsquo;au jour où ils m&rsquo;ont pincé. Enfin, heureusement qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas découvert le corps que j&rsquo;ai caché dans le bâtiment quatre, sinon j&rsquo;aurais pris le double.</p>
<p class="Standard">-Passionnant, Guizmo, passionnant, dit le vieil homme qui avait l&rsquo;air de s&rsquo;ennuyer à en mourir.</p>
<p class="Standard">-Tu dois me donner ton nom, maintenant.</p>
<p class="Standard">-Hum&#8230; Santiago.</p>
<p class="Standard">-T&rsquo;es sûr que c&rsquo;est ton vrai nom ?</p>
<p class="Standard">-Oui, oui, je l&rsquo;avais juste un peu oublié.</p>
<p class="Standard">-Menteur, vas.</p>
<p class="Standard">Puis ils se recouchèrent pour la sieste d&rsquo;après gruau.</p>
<p class="Standard">-Et pourquoi t&rsquo;es là, Santiago ?</p>
<p class="Standard">-J&rsquo;étais un pirate. On attaquait les bateaux du détroit de Gibraltar, avec mon équipage, et on volait leur pétrole. On nous surnommait « les rats noirs », rats parce qu&rsquo;on était vicieux, noir pour le pétrole&#8230;</p>
<p class="Standard">-Merci, j&rsquo;avais compris, le coupa sèchement Guizmo.</p>
<p class="Standard">-Enfin bref. Tout se passait bien, on était riches. Mais un jour, des policiers se sont cachés dans un bateau pour nous tendre une embuscade. On s&rsquo;est battu et on allait gagner quand soudain, « il » a surgit des mers.</p>
<p class="Standard">Le silence se fit. Puis, Guizmo prit la parole.</p>
<p class="Standard">-T&rsquo;attends que je demande qui est « il » ?</p>
<p class="Standard">Santiago hocha la tête.</p>
<p class="Standard">-Alors qui est « il » ?</p>
<p class="Standard">-Le cauchemar des marins. Le kraken. Il a saisi mes hommes dans ses tentacules et les a entrainés dans les profondeurs. Les policiers aussi. Il ne restait plus que moi de mon équipage et un policier en a profité pour m&rsquo;assommer lâchement par derrière.</p>
<p class="Standard">Le silence arriva de nouveau.</p>
<p class="Standard">-Tu sais, Santiago, après avoir entendu ta super histoire, je me sens coupable. En vérité, j&rsquo;étais pas dealer. J&rsquo;ai volé un petit paquet de bonbons dans une station-service, mais on m&rsquo;a vu et poursuivi. J&rsquo;ai heurté en courant un tuyau de pompe à essence qui s&rsquo;est décrochée et dans ma chute, mon briquet est tombé de ma poche. Ils ont cru que je voulais mettre le feu et ils m&rsquo;ont envoyé ici.</p>
<p class="Standard">-Et les muscles ?</p>
<p class="Standard">-J&rsquo;étais accro aux sucreries et à la muscu.</p>
<p class="Standard">-Et bien, Guizmo, moi aussi j&rsquo;ai menti. En vérité, je m&rsquo;appelle Réginald, et je suis pas pirate. J&rsquo;essayais un costume de pirate dans un magasin quand un braqueur armé est entré. J&rsquo;avais peur pour ma vie donc je l&rsquo;ai poursuivi avec mon sabre en plastique pour le chasser, mais il a cru que c&rsquo;était un vrai et il a couru. La police nous a arrêtés pour règlements de comptes à main armée. Ça fait dix ans que je suis là.</p>
<p class="Standard">Guizmo et Réginald se mirent à pleurer, puis ils devinrent amis menteurs.</p>
</div>
</div>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-7829 size-medium" src="https://thebreak-experience.com/wp-content/uploads/2023/07/Photo-Ismael-epee-Unsplash-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></em></p>
<h6 class="p1">Photo de Jonathan Kemper sur <span class="s1">Unsplash</span></h6>
<p>L’article <a href="https://thebreak-experience.com/textes-produits-en-atelier-decriture-10-juillet-2023/">Textes produits en atelier d&rsquo;écriture &#8211; 10 juillet 2023</a> est apparu en premier sur <a href="https://thebreak-experience.com">The Break à Paris</a>.</p>
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